63 - Rue Porte Madeleine n°40

A la fin des années 1830, la ville d’Orléans compte une vingtaine de fabriques de couvertures. La plupart sont installées dans la partie ouest de la ville, que ce soit en intramuros ou dans le faubourg.

L’une de ces fabriques de couvertures s’installe rue Porte Madeleine, elle appartient à Armand CHEVALLIER, un beauceron originaire de Châteaudun (28) qui se marie en 1834 à Orléans. Il est le fils d’un fabricant de couvertures demeurant rue de l’Ange.

 

En 1857, il s’associe avec son beau-frère Eugène Etienne FERRANT, créant une société en nom commun. Ils sont installés au numéros 38 et 40 de la rue Porte-Madeleine.

 

En 1861, c’est Jules Antoine CHEVALLIER, le fils, qui s’associe avec son oncle FERRANT. 

 

En 1867, Jules Antoine et son frère Ludovic Eugène créent une nouvelle société. Au décès de leur père en 1873, les deux frères habitent rue Porte Madeleine aux numéros 40 et 50. Ces deux immeubles sont mis en vente en 1886, après décision de liquider l’affaire l’année précédente. Ludovic se lançant dans l’activité de vidangeur… Pour résumer, le but était de vider les fosses d’aisances, d’en récupérer le contenu et de le transformer en engrais dit poudrette.

Annonce de 1886 dans le Journal du Loiret

Plan réalisé d'après le cadastre de 1823 - Section D

Le n°46 en bleu (aujourd'hui n°44) est la seule maison n'ayant pas été alignée dans rue Porte Madeleine. Les numéros 40, 42 et 44 ont été remplacés par le n°40, c'est à dire la maison dont il est question ici.

En rouge des bâtiments et en vert des jardins.

L’immeuble du n°40 rue Porte Madeleine, celui que nous pouvons voir aujourd’hui, semble avoir été construit vers 1870. Le n°40 est le logement de la famille CHEVALLIER et le n°42 celui du concierge. Le n°40 où logent en 1836 le père, Armand CHEVALLIER, n’ayant absolument rien à voir avec le numéro actuel. Si l’on observe le cadastre de 1823, l’on découvre que cette maison donne accès à un parcellaire beaucoup plus important qu’il n’y parait. L’activé manufacturière perdure au moins jusqu’en 1894, époque à laquelle les bâtiments sont mis en vente, bien que loués jusqu’en 1896. Par la suite, c’est l’école supérieure de garçon qui s’installe à cet endroit, remplacée aujourd’hui par La Maison des Adolescents.

 

Lors de la mise en vente de 1894, les lieux sont ainsi décrits : « [La maison ] élevée sur cave d’un rez-de-chaussée consistant en une allée ouvrant sur la rue Porte-Madeleine et aboutissant à une petite cour pavée, un salon parqueté éclairé sur la rue par deux fenêtres, et à la suite, séparée par un châssis et une porte vitrée, salle à manger, éclairée sur la cour ; escalier dans l’allée ; descente de cave à côté.

Premier étage parqueté, composé d’une chambre à coucher éclairée par une fenêtre sur la rue, cabinet de toilette à la suite éclairé par une petite fenêtre sur la rue, cabinet noir, autre cabinet éclairé par un oeil de boeuf sur le passage de voiture, servant à la fabrique, chambre à feu éclairée au nord sur la cour.

Deuxième étage composée d’une chambre mansardée, avec petite cheminée prusienne, éclairée au nord, grenier, chambre mansardée sans cheminée, éclairée au midi sur la rue, chambre de domestique.

Dans la cour un appentis comprenant bûcher et cabinet d’aisances.

Petite cour pavée dans laquelle se trouve un ancien puits et deux auvents l’un au-dessus de la porte de la salle à manger, l’autre couvert d’ardoises le long d’une partie du mur mitoyen au levant.

A la suite et au nord, plante-bande avec arbustes, cave sous les bâtiments.

Dans la vente n’est pas comprise une pièce servant de cuisine dépendant de la maison Porte-Madeleine n°38 (les ouvertures créées seront à boucher au frais du propriétaire du n°38).

 

2° - Les bâtiments et terrains servant à la fabrique de couvertures (…) ».

Détail d'une carte postale de l'Ecole Primaire Supérieure & Professionnelle

(expédiée en 1906)

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Commentaires : 1
  • #1

    Philippe (mercredi, 15 février 2017 18:29)

    Je connais particulièrement bien cet endroit. Il a été le logement de fonction du directeur général adjoint de l'hôpital. Il y avait aussi deux service de l'hospice pour personnes âgés, qui s'appelaient l'annexe Petit sans doute en référence à quelqu’un portant ce nom et surement généreux donateur.
    Ensuite il y a eu dans cette maison divers services dont la direction des services techniques de l’hôpital, dans la salle à manger il y avait la salle des « sous-commissions » à l’époque. Dans la cours derrière il y avait aussi la crèche du personnel après que la précédente fut démolie pour construire la nouvelle maternité.
    Il y a eu aussi l’école des kinés et sa direction, ce bâtiment a toujours appartenu à l’hôpital jusqu’à son récent déménagement, qu’en est aujourd’hui de son avenir, je l’ignore