62 - Des sculptures par "MILLION"...

Il y a quelques années encore, on pouvait voir dans la rue du faubourg Saint-Vincent, au n°163, au premier étage d’un immeuble somme toutes assez anodin, ce qui semblait être un atelier d’artiste. Derrière les vitres apparaissaient des bustes oubliés de notables, figés dans le plâtre. A l’époque, je n’avais pas la réponse à mes interrogations, juste une petite lumière de curiosité qui s’allumait à chaque passage près de ce lieu. L’atelier a été vidé, les bustes ont disparu (où ?), les vitres de l’atelier ont cédé la place à des fenêtres classiques, le tout transformé en habitation. Fin...?

 

Derrière cette façade se cachait une partie de l’histoire de Charles MILLION. 

Charles Robert Etienne MILLION est né à Orléans en 1890 d’un père plâtrier, il épouse le 21 février 1914 Marie Ernestine BEAUBRAS, et est alors domicilié au n°18 de la rue des Volontaires, à Paris XVe. Il exerce le métier de sculpteur-ornemaniste. La guerre l’emporte sur les champs de bataille au sein du 131e régiment d’infanterie. 

 

De retour à la vie civile, il devient marbrier, que ce soit pour le funéraire ou les devantures de boutiques, reprenant l’atelier d’Albert DOUCET, lequel avait été apprenti d’un certain M. BAR.

 

En 1921 est inauguré par le ministre des colonies, Albert SARRAUT, le monument aux morts de Beaugency, oeuvre de M. MOREAU-VAUTHIER, en collaboration avec Charles MILLION ; des anciens camarades de tranchée au 131e RI. La même année est inauguré un autre monument aux morts au lycée d’Orléans, qui est l'oeuvre de Charles.

Réclame de 1926

En 1927 il reçoit les Palmes académiques.

 

En 1930 est installé le buste de Charles PEGUY, au rond-point Bourgogne, sculpté par NICLAUSSE et dont Charles avait réalisé le socle. Lors des bombardements de 1940, un éclat d’obus endommageât le buste, lui créant un trou à l’endroit où Charles PEGUY fut mortellement blessé en 1914. C’est du moins ce qui se dit…

Charles MILLION, ami de Charles PEGUY, réalisa le médaillon qui orne la tombe de l’écrivain au cimetière Saint-Marc. Les traits de PEGUY sont repris du tableau de Pierre LAURENS, daté de 1908.

Portrait de Charles PEGUY par Pierre LAURENS, en 1908

Réclame de 1932

En 1933 il est fait officier de l’instruction publique ; année où est inauguré son monument aux morts du 131e RI au quartier Coligny (Cité administrative), année où le musée de peinture et de sculpture d’Orléans se porte acquéreur de son buste d’Eugène TURBAT, présenté au Salon des Artistes Français. 

 

Eugène TURBAT (1865-1944) fut maire d’Orléans de 1929 à 1935, sénateur de 1933 à 1941 et conseiller général. 

 

En 1935 est inauguré le buste en bronze, coulé par la maison Barbedienne, de Fernand RABIER, place Halmagrand ; s’en suit une vive polémique quant au peu de ressemble de l’oeuvre par rapport au modèle. Parti à la fonte en 1942 il sera remplacé en 1951 par celui que nous connaissons. 

 

Fernand RABIER, dont le second prénom est Athos (1855-1933), fut maire d’Orléans, député du Loiret de 1888 à 1919, sénateur du Loiret de 1920 à 1933, conseiller général et président du Conseil général.

Fernand RABIER en 1908 (http://gallica.bnf.fr)

Fernand RABIER en 1931 (http://gallica.bnf.fr)

Cette même année 1935 est inauguré le monument en hommage à Léon CHENAULT, horticulteur, au Parc Pasteur, oeuvre réalisée en collaboration avec M. BAUD.

 

En 1936, c’est au tour du monument en mémoire de Pierre Ier de Serbie d’avoir l’honneur des ciseaux inauguraux.

En 1938, on lui doit aussi un buste de Max JACOB.

Buste de Max JACOB, Musée des Beaux-arts de Quimper

Portrait photographique de Max JACOB

Je n’ai absolument pas la prétention d’avoir retracé l’oeuvre de Charles MILLION, tout au plus ai-je effectué un survol rapide. 

 

Charles MILLION s’est éteint en 1978 à Orléans.

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Commentaires : 1
  • #1

    Patrick Bousseton (mercredi, 01 février 2017 08:33)

    Merci pour ce survol. Il m'arrivait souvent de passer à bicyclette devant cette entreprise en allant au Lycée Benjamin Franklin dans les années soixante. Un peu nostalgique.