60 - L'épicerie était fine...

La rue de la République… Vous l’empruntez depuis la place du Martroi pour vous perdre dans l'un des temples du consumérisme qu’est le centre commercial Place d’Arc.

 

La rue de la République, c’est cette artère percée à la fin du XIXème siècle, qui avait pour but d’arriver juste dans l’axe de la gare. Et, en cette fin septembre 1901, c’est l’effervescence…

 

« L’évènement du jour, c’est (…) l’exposition de la succursale de l’épicerie Saint-Aignan, tenue par M. Paul LAURENT, dont l’ouverture est annoncée pour demain. Et cet évènement a pris des proportions considérables, à en juger par la foule de curieux qui se presse devant le magnifique étalage de la nouvelle maison

« Très avantageusement située (…), luxueusement installée dans un vaste immeuble qui fait un heureux vis-à-vis à celui de la Société des immeubles du Loiret et dans lequel l’architecte M. [Louis] DUTHOIT, habilement secondé par M. [Edmond] GUILLON, entrepreneur, a su allier les attraits de l’art nouveau aux nécessités du confort intérieur, la maison Laurent consitue, certainement, l’un des plus beaux ornements de notre nouvelle rue.

(…) On y trouvera (…) tout ce que les gourmets et les délicats peuvent désirer de mieux (…).

(…) Demain donc tout Orléans prendra d’assaut la succursale de l’épicerie Saint-Aignan (…). »

 

Comme quoi l’hystérie collective constatée le 24 août dernier, à l’ouverture de la fameuse marque suédoise, n’est que l’arrière-arrière petite-fille de celle de 1901.

Réclame de 1904

L’épicerie Saint-Aignan était initialement située au n°3 du faubourg Bannier. Reprise vers 1890 par Paul LAURENT, natif de Courtenay, elle déménagera vers 1894 au n°131 de la rue Bannier. En 1898, l'enseigne se fait remarquer par la circulation d’une voiture de livraison aux couleurs éclatantes. 

 

En 1901, les deux adresses cohabitent. En juin 1905, un incendie détruit totalement la boutique de la rue Bannier ; dont Paul LAURENT n’était que le locataire. Ne reste alors que l’adresse prestigieuse de la rue de la République. 

Calendrier de 1907

En octobre 1912, Paul LAURENT décède « à la suite d’une crise aigüe d’une maladie qui ne pardonne pas et qui l’a emporté en quelques heures »…

Vous remarquerez que la flèche du dôme a disparu...

La façade rue de la République

Vue depuis la rue Adolphe Crespin

Le dôme et son horloge

L'une des lucarnes à pinacles

Consoles du balcon du second étage : grappe de raisin et feuilles de vigne à gauche, pomme de pin se poursuivant par trois feuilles d'acanthe supportant une forme au nom indéterminé à droite...

Console au motif en épi de maïs du balcon/loggia "mauresque" du troisième étage

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Commentaires : 1
  • #1

    Jeandler (mercredi, 04 janvier 2017 14:36)

    Une belle note et bien illustrée rendant grâce à cet immeuble. Merci.