59 - Pianissimo Maestro !

Direction la rue Jeanne d’Arc, au numéro 30, il y a d’abord le père, puis le fils… Mais pas de Saint-Esprit. Petite histoire de la famille MAGNUS…

 

Le père, Charles Adolphe, né en 1833 à Strasbourg, veuf de Wilhelmine Henriette BALDNER, épousa en secondes noces Eugènie Marie Annette BODESCOT, en 1861 à Orléans.

Petit retour en arrière… C’est en 1842 qu’est fondée à Orléans la maison Besville, par Amable BESVILLE, à la fois professeur et marchand de musique. En 1864, il s’associe avec Auguste ELFERS, un facteur-accordeur de piano, originaire du Hanovre. Les deux associés transfèrent leur activité rue Jeanne d’Arc, l’année suivante, pour cause d’agrandissement. En 1873, ELFERS s’associe avec Charles Adolphe MAGNUS, et cette même année, Le Journal du Loiret dresse un portrait du dit Charles Adolphe :

 

« M. MAGNUS, qui vient de s’établir à Orléans comme professeur, a donné hier, dans les anciens salons de pianos de M. BESVILLE, une séance de musique classique (…). Fils d’un professeur de musique de Strasbourg, M. MAGNUS a fait ses études de violoniste au Conservatoire de cette ville, sous la direction de M. SCHWOEDERLé, savant professeur qui avait obtenu à Paris le premier prix du Conservatoire et qui était un des meilleurs élèves de  l’illustre BAILLOT. (…) M. MAGNUS vint à Paris se perfectionner dans son art (…). Ces études faites, il fut premier chef d’orchestre d’opéra pendant cinq ans, enseigna quelques temps à Poitiers et se rendit de là à Besançon où, durant un séjour de douze années, il s’acquit la plus honorable réputation. Il y a tenu les divers emplois de professeur de violon et d’accompagnement au Conservatoire, de premier violon solo à l’orchestre du théâtre, et de chef d’orchestre de la Société symphonique bisontine. »

 

 

Petit Nota : le sieur BAILLOT, dont il est question ici, se prénomme René-Paul (1813-1889), pianiste, compositeur et professeur au Conservatoire de Paris.

Charles Auguste MAGNUS décède en 1874, sa veuve prend la suite tout en restant associée avec ELFERS ; puis ce sera Jean Léopold Raoul (1865-1931), fils du couple MAGNUS-BODESCOT.

Tramway circulant rue Jeanne d'Arc et présentant une publicité pour les pianos Magnus-Focké

En 1887, Jean Léopold Raoul épouse Marguerite Jeanne Anne FOCKÉ. Celle-ci est la soeur d’Ernest FOCKÉ, facteur de piano parisien, lequel avait fondé sa maison en 1860 et fut médaillé d’or à l’Exposition Universelle de 1889. La maison MAGNUS-FOCKÉ proposant à la vente les pianos du fameux Ernest.

 

Voilà, c’était un survol rapide d’une partie de la vie musicale orléanaise sur près d’un siècle.

Il est à regretter que la devanture Art Nouveau n’ait pas survécu aux aléas de la mode. Le temps passe, tout s’efface… ou presque !

Piao Magnus-Focké mis en vente sur Le Bon Coin

Dans un billet précédent, j'avais déjà évoqué cet immeuble à l'angle de la rue Charles Sanglier et de la rue Jeanne d'Arc. Pour le lire, cliquer ici.

Écrire commentaire

Commentaires : 0