58 - Le décor de La Rotonde

Le 10 février dernier, j’évoquais dans un billet la construction de l’immeuble de La Rotonde (pour le lire cliquer ici). Le propriétaire de l’époque, M. DUFOUR, avait fait appel à un architecte parisien, M. LECLERC, lequel créa « le magnifique, le splendide, le féerique établissement (…). Ses superbes décors, ses magnifiques vitraux émaillés polychromes et ses plafonds ornés de caissons richement composés ». On y admirait particulièrement un panneau en faïence émaillée représentant Jeanne d’Arc gardant son troupeau. 

 

Force est de constater qu’aujourd’hui il ne reste rien de tout cela…

Le Café (vue depuis l'entrée ?) - A droite, au-dessus du piano, le panneau en céramique représentant Jeanne d'Arc gardant son troupeau.

En farfouillant de-ci delà, j’ai croisé la route de Georges MALAIZE. Né à Paris en 1877, il débute comme artiste dramatique sur les scènes parisiennes, en particulier au théâtre de l’Ambigu-Comique. En 1901, il se marie une première fois en… Dordogne ! Il divorce, se remarie en 1908 à Paris, et arrive à Orléans vers 1911/1912. C’est sans doute à cette époque qu’il reprend le café-restaurant de « La Grande Rotonde ». 

 

La devise de notre homme ? « Qui déjeune ici ici n’a malaise » !

 

Je reviens au décor… Le 8 mai 1926, c’est jour de fête à Orléans. Forcément, on défile pour Jeanne d’Arc ! La journée fut fructueuse pour le commerce local, c’est du moins ce que dut penser l’un des plongeurs de La Rotonde, lequel se laisse enfermer dans le lieu pour la nuit. Son espoir ? Voler la recette de la veille ! Pas de chance… La caisse est emportée chaque soir, il ne reste que 150,00 francs. Sans doute un peu frustré, « En partant, il [met] le feu avec une bougie, aux tentures de l’orchestre ». L’incendie se propage et est signalé vers 1h00 du matin. Une fois maîtrisé, on découvre les dégâts : «  le plafond a été brûlé sur une longueur de dix mètres. Les tentures, plusieurs banquettes, le piano Gaveau, les partitions des musiciens ont été détruits ainsi que le magnifique panneau de céramique consacré à Jeanne d’Arc et qui se trouvait dans l’encoignure de l’orchestre . »

 

C’est ainsi que dans la nuit du 8 au 9 mai 1926, la Jeanne d’Arc et son troupeau sont partis en fumée…

 

Notre plongeur écopera de cinq ans de prison. Les dégâts s’élevant à plus de 200,000 francs…

Le Restaurant (vue vers le Martroi) - Au centre probablement Georges MALAIZE, et à droite derrière la caisse, sans doute sa mère Julie Etiennette VERNET (ou VERNEY).

Georges MALAIZE poursuivra son activité. Veuf en 1928, il se remaria l’année suivante à Paris, pour la troisième et dernière fois. Il décède en 1931 et est inhumé à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin dans le caveau familial. Son fils Pierre reprenant l’affaire.

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Commentaires : 2
  • #1

    joviacum (mercredi, 30 novembre 2016 08:07)

    Très bel article, avec de belles photos d'archives.

  • #2

    Philippe Ylan (mercredi, 30 novembre 2016 10:01)

    Quel décor magnifique , j'aurais adoré le photographier.