57 - Charlemagne et François 1er se promènent...

Feu le Collège de la rue Jeanne d’Arc, qui fut aussi Lycée, et dont on connait la façade sur la rue Jeanne d’Arc, est l’oeuvre d’Etienne Albert DELTON. C'est cet architecte parisien qui sévira lors de la « rénovation » de l’Hôtel Groslot…

Charlemagne et François Ier se promènent...

Choisis en 1845, les plans du Lycée du sieur DELTON sont validés par le ministère de l’instruction publique et le conseil des bâtiments civils en 1847.Pour ce bâtiment,  il tente d’innover en envisageant de remplacer les planchers en bois par des « planchers en fer ». Je ne sais si cette folie innovatrive a été appliquée...

 

En juin 1850, « On vient de placer sur leur soc, à l’entrée de la nouvelle construction du Lycée, les deux statues de Charlemagne et de François Ier, qui doivent orner l’entrée principale. On devrait bien presser l’exécution des travaux restant à faire et enlever le plus tôt possible cette clôture qui obstrue en face du lycée la circulation sur le trottoir de la rue Jeanne d’Arc. »

 

En août 1851, « Une mutilation inexplicable a eu lieu cette nuit dans la rue Jeanne d’Arc. Des malfaiteurs se sont amusés à briser les bras des deux statues de Charlemagne et de François Ier, qui ornent la grande porte de notre Lycée. La police recherche en ce moment les auteurs de ce fait inqualifiable, qui ont sans doute ignoré que le code pénal a des peines applicables pour les dégradations de monuments publics. »

 

Majestueuse l’entrée l’est à n’en pas douter, sauf que…

Sauf qu'en 1857, M. LAFONTAINE expose un rapport par lequel il explique que les statues « servent (…) à des stations contraires à la propreté et aux bonnes moeurs ». Ben v'là autre chose !?...

 

On consulte DELTON qui considère « qu’au point de vue de l’art et de l’architecture il ne lui paraissait pas possible d’enlever les piédestaux qui coupent, suivant les principes de la science architectonique, une façade d’une étendue considérable. Quant aux deux statues, si on ne veut pas les conserver, on pourrait les remplacer par des faisceaux d’attributs relatives aux sciences et aux arts qu’on enseigne au lycée ». En août, la dépose des statues est voté à 15 voix contre 6.

 

A une date qui m’est inconnue, elles sont installées devant la bibliothèque construite d’après les dessins de François Narcisse PAGOT, au début du XIXème siècle.

Au tout début du réaménagement de ce quartier, qui deviendra les Petits Champs-Elysée, la démolition de la bibliothèque est entreprise vers 1912/1914. C’est à ce moment qu’André MAILFERT, le célèbre ébéniste de la rue Notre-Dame-de-Recouvrance, les achète pour 500,00 fr. à l’entrepreneur parisien chargé de la démolition.

 

On pouvait voir ces sculptures dans la cour de la maison dite de François Ier en 1922. MAILFERT affirmait alors qu’elles avaient orné l’entrée du pont Royal, pour être mises au Lycée, et qu’elles étaient contemporaines de la statue de Jeanne d’Arc par GOIS, aujourd’hui au Tourelles. Info ou intox ?

 

Question du jour : que sont devenues ces statues ?…

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Commentaires : 2
  • #1

    Jeandler (mercredi, 16 novembre 2016 09:05)

    Une bonne question qui restera sans réponse, sans aucun doute.

  • #2

    C de V (mercredi, 21 décembre 2016 21:01)

    La statue de François Ier se trouve toujours dans la cour de l'hôtel dit de François Ier, l'ancien établissement Mailfert, au 26 rue de recouvrance.