56 - L'abbé sentait le souffre...

Caricature du 17 octobre 1869

En 1912, Le Journal du Loiret informait ses lecteurs du décès de Charles Jean Marie LOYSON, « qui fut, un moment une des gloire de la chaire chrétienne et qui bientôt, grisé par des succès oratoires, emporté par le vertige de l’orgueil, tomba aux pires reniements, vient de s’éteindre chez son fils, à Paris, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. (…) Il était tombé dans l’oubli le plus profond - et c’est ce qu’il pouvait lui arriver de mieux ».

 

La messe était dite et il ne fallait pas y revenir… Eh bien si ! On y revient !

Le petit Charles est né à Orléans rue Saint-Euverte au n°24 (alors n°28) le 10 mars 1827, son père était alors inspecteur d’académie faisant fonction de recteur pour l’académie.

Charles  fut ordonné prêtre au bout de quatre années d’études et devint enseignant de philosophie et de théologie. Il exerça le ministère sacerdotal à Saint-Sulpice où « il se convainquit que sa vocation l’appelait à la chaire, passa deux ans de noviciat au couvent des Carmes de Lyon, puis entra dans cet ordre, et débuta en prêchant avec succès ». A l’été 1864 « il vint à Paris, parut à la Madeleine d’abord et enfin, dans l’Avent, à Notre-Dame, où il obtint un grand et rapide succès. »

Sa carrière fulgurante dérapa fortement avec la lettre qu’il adressa le 20 septembre 1869 au R. P. général des Carmes déchaussés à Rome, mais aussi… à la presse !

 

Le père Hyacinthe, c’est alors son nom, exprime haut et fort son désaccord : « Vous exigez que je parle un langage, ou que je garde un silence qui ne serait l’entière et loyale expression de ma conscience », et comme il refuse de modifier le fonds de ses propos, il s'abstient de remonter en chaire à Notre-Dame, s’éloignant de son couvent : « je proteste contre le divorce impie autant qu’insensé qu’on s’efforce d’accomplir entre l’Eglise (…) et la société du dix-neuvième siècle ».

 

On tente la conciliation, l’évêque d’Orléans DUPANLOUP y met son grain de sel, rien n’y fait… Le pape Pie IX trouve alors que la blague a assez duré et n’hésite pas à employer l’excommunication majeure, c’est à dire sans retour possible au sein de l’église. Le trublion est chassé… la paix revient ?

1872, il fait parler de lui en épousant une veuve américaine qu’il a converti au catholicisme. Ils auront un fils… 1878, il fonde la nouvelle église gallicane, qui se veut catholique mais autonome vis-à-vis du pape. L’année suivante il inaugure son église dans… l’ancien Théâtre des Folies-Montholon, rue Rochechouart. 1881, il préconise la séparation de l’église et de l’Etat (loi qui verra le jour en 1905). 1883, nouvelle église rue d’Arras. Il semble faire ensuite moins parler de lui, avant de disparaitre en 1912.

En famille...

C'était le petit résumé du parcours de vie de cet abbé sulfureux natif d'Orléans.

Le buste que l'on peut voir sur sa tombe au Père-Lachaise, avec juste en dessous, pour épitaphe : "Agir comme s'il n'y avait au monde que sa conscience et Dieu"...

 

A méditer !

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