53 - L'enfant au poisson est assis sur un dauphin...

Reconstituer le parcours d’un personnage, c’est déjà toute une aventure, suivre les pérégrinations d’une oeuvre d’art, n’en parlons pas !… Ou plutôt si ! Causons…

 

Le démon de la curiosité (mais est-il si diabolique ?) qui nous titille les neurones, nous invite à remonter la piste, tel un chien de chasse. 

 

Ainsi… Il était une fois… « L’enfant au poisson ».

 

En voilà une sculpture qui en aura vu de toutes les couleurs. Mais, écoutons la voix d’outre tombe du Journal du Loiret, il « faisait autrefois l’ornement d’un bassin au château de Richelieu » et fut « donné au musée par notre honorable et savant compatriote M. de Lockart ». 

 

Charles François de LOCKHART (1780-1862), connu comme le fondateur du Muséum d’Histoire Naturelle d’Orléans, était un polytechnicien qui fut maire de Mézières-lès-Cléry.

 

 

L’origine de l’oeuvre est évoquée dans un article du 29 août 1868, à la suite du conseil municipal du 20 août. Sujet abordé ? La fontaine de la place Martroi.

 

A l’arrivée de Jeanne d’Arc sur la place  en 1855, je parle comme de juste de la statue équestre, l’autre statue de Jeanne fut exilée au bout du pont Royal (elle est place des Tourelles aujourd'hui).

 

L’espace laissé libre fut agrémenté d’une fontaine. Le Journal du Loiret, cet organe de presse bavard, nous rapporte que « l’effet obtenu par le petit groupe établi au centre du bassin du Martroi, est aussi satisfaisant que possible. L’agencement et les proportions en sont généralement approuvés, et on paru (…) offrir un spécimen de ce qui devra être réalisé plus tard. Puisque notre gêne financière nous prive de faire mieux pour le moment (…). »

La fontaine bricolée semble avoir été démantelée vers 1885. On perd l’enfant au poisson... On le retrouve, avec le nez cassé, au chantier municipal de la rue du Réservoir (devenue la rue Marcel Proust... plus intello comme nom !).

 

En 1933, la statue est installée place abbé Desnoyers. On apprend alors que l’ancienne fontaine était constituée de la sculpture de l’enfant et de son fameux poisson posée sur « un socle de pierre ornés de trois tritons lançant des jets d’eaux. Au dessous, deux coquilles formaient vasques. » 

En 1940, les bombes tombent, les abords de la place sont ravagés et… elle est toujours là , de même qu’en octobre 1942, lorsque Jacques Soyer s’inquiète des jets de pierres des garnements du quartier et du devenir de l’oeuvre. Remisée dans les réserves, elle est réapparue aux yeux du public au Musée des Beaux-Arts, lors de la grande exposition sur le château disparu de Richelieu, sous le nom « Enfant assis sur un dauphin », et ayant pour sculpteur identifié Jacques SARAZIN (1592-1660).

Cartel apposé sur le socle de présentation au musée des Beaux-Arts d'Orléans

Chronologie

1823-1862 : don de l’oeuvre au musée par Charles François de LOCKHART (après être sans doute passé entre les mains de Louis Auguste PILTÉ-GRENET)

1868 : Fontaine place du Martroi.

Vers 1885 : La fontaine est démantelée.

1933 : La sculpture est retrouvée et installée place abbé Desnoyers.

2011 : Exposée dans le cadre de l’exposition autour du château de Richelieu.

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Commentaires : 2
  • #1

    Patricia (mercredi, 21 septembre 2016 09:56)

    Très intéressante page historique ! Mais j'avoue que j'ai un peu de mal avec la nature du poisson !
    Il s'agit plus d'un congre que d'un dauphin.

  • #2

    Christian de Valence (dimanche, 09 octobre 2016 09:34)

    Ce billet du 21 septembre 2016 ne serait-il pas en fait du 1er avril ? Ne s'agit-il pas d'un "poisson d'avril" ? Il est vrai qu'Orléans est au bord de la loire, non pas d'un océan, et qu'ils peuvent ignorer qu'un dauphin n'est pas un poisson.