52 - Le Jardin des Plantes ... Sujet de polémiques ?

Vue aérienne du Jardin des Plantes dans les années 60

Qui, en traversant le pont Joffre, pour atteindre les boulevard, n’a jamais vu le bâtiment de l’Hôtel Mercure ? Vous savez… Cet immeuble de plusieurs étages… Celui que des riverains un peu trop à l’ombre estimaient trop haut… Non… Non… Je ne vais pas aller sur ce terrain là ! 

 

Enfin plutôt si… 

 

Avant cet hôtel, il existait un autre bâtiment qui abritait le Mont de Piété, lequel était à l’origine un entrepôt des douanes. Encore avant, à cet endroit, il y avait le jardin de la ville, autrement dit le jardin des plantes, alias le jardin des apothicaires.

 

De nos jours, on polémique beaucoup… Trop ? Pas sûr ! Mais, ce qui est certain, c’est que ce n’est pas nouveau !

La Porte Saint-Laurent derrière laquelle était le Jardin de la Ville. Au loin le clocher de Notre Dame de Recouvrance, le pont Royal (alias George V) et les quais en direction de Blois

En 1640, « Les apothicaires d’Orléans obtiennent des magistrats la permission de former un jardin de plantes indigènes et exotiques sur l’emplacement intérieur du ravelin Saint-Laurent ». On y ajoutera une « salle de réception avec perron sur une terrasse [dominant] la Loire », ainsi des serres chaudes, une glacière, etc.

 

Nous voici en 1831, quand patatra… Si ce n’est abracadabra ! On envisage de déménager le Jardin des Plantes à l’emplacement… du cimetière Saint-Laurent ! 

L’année 1832 accélère le mouvement, puisqu’Orléans est l’une des villes retenue pour accueillir un entrepôt des douanes. L’emplacement idéal ? Celui du Jardin des Plantes comme de juste !

 

Un terrain sera acheté au Clos Guinegaud pour y construire le nouveau jardin. Des voix s’élèvent pour protester plus que vivement ! Les conditions du transfert des plantes ne sont absolument pas idéales ! 

 

En 1835, M. TRANSON-GOMBAULT, pépiniériste, émet les observations suivantes :

 

- Le sol est mauvais.

- Le voisinage de deux routes le couvrira de poussières.

- Le lieu est exposé aux vents du nord et du nord-ouest.

- Et de plus, il n’est pas à l’abri des inondations…

 

Peu importe… C’est décidé… Et il en sera fait ainsi !

L'entrée du Jardin des Plantes

La serre et l'Orangerie

En 1835 les travaux sont adjugés et là commencent les déconvenues… On constate des défauts de construction : l’une des pilastres s’est rompue. En 1836, une bourrasque de vent découvre la serre. Etc. etc.

 

Extrait d’un article du Journal du Loiret qui dresse un tableau pas franchement flatteur du chantier :

 

« On sait que les piliers de la serre, construits en pierres tendres mises d’aplomb à grand renfort de calles de bois et de pierre dure, repris deux fois en sous-œuvre, s’affaissèrent deux fois sur eux-mêmes et compromirent la solidité de l’édifice. Les pierres fendues furent remplacées par d’autres, et tout fut dit. Vint ensuite le menuisier, qui posa ses portes et fenêtres. Mais tant avaient été travaillés, grattés, taillés, les piliers pour les consolider, que châssis et montans desdites fenêtres et portent se trouvèrent trop étroits et de purent remplir exactement les feuillures creusées pour les recevoir. A cela on remédia en remplissant les vides par des petites tringles de bois. C’est bien, par-dessus on mettra du plâtre et de la peinture, et le public n’y verra rien (…) ».

 

En 1837, « Les nouvelles serres du jardin des plantes, non encore achevées, s’écroulent ou à peu près, des châssis en bois vermoulu sont posés, tout cela est de notoriété publique » de même que « Le plafond de la serre du Jardin des Plantes est tombé en partie, parce que, vu la détestable construction de la couverture, les eaux pluviales ont filtré sur ce plafond et ont tellement imbibé le plâtre qu’elle lui ont fait perdre sa solidité »

 

Et… Cerise sur le gâteau à laquelle notre actualité fait écho…

 

La crue de la Loire en octobre 1846

 

« La serre du jardin des plantes a fait d’énormes pertes. Les plantes les plus rares sont totalement détruites. L’herbier de M. DELAIRE (jardinier en chef), qui était resté dans la serre et qui contenait beaucoup de raretés botaniques, a été déchiré par l’eau. Tous les échantillons sont détruits. C’est une perte irréparable ».

 

Il en sera de même en 1856 et 1866…

Crue de la Loire, 3 juin 1856

Aujourd’hui, si on en croit Mag’Centre, l’orangerie et des serres tropicales seront « susceptible d’accueillir des manifestations et des des réceptions dans un cadre luxueux »…. « Aude de Quatrebarbes, adjointe au maire chargée notamment des parcs et jardins, ne souhaite pas confirmer, (…) le projet sera annoncé et détaillé cet été ».

 

Surprise !!! et... A la rentrée de se revoir.

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Commentaires : 5
  • #1

    PYB (mercredi, 15 juin 2016 12:22)

    Merci de réveiller de lointains souvenirs d'enfance. Ma nounou m'y emmenait.

  • #2

    Isabelle (mercredi, 15 juin 2016 12:47)

    Merci de nous faire partager vos recherches. C'est toujours agréable et très intéressant. Bon repos et à très vite....

  • #3

    Sam. (mercredi, 15 juin 2016 17:38)

    Merci pour ce magnifique reportage,
    continuez ainsi à nous partager votre belle passion...

    A bientôt !

  • #4

    jacob wallace (mardi, 23 août 2016 17:25)

    this is very helpful! thanks for sharing!

  • #5

    John James (jeudi, 25 août 2016 20:31)

    This is indeed very helpful, very nice!