47 - Jeanne, ma Sainte Jeanne... N'entends-tu pas des voix ?

Pour rester dans le thème de Jeanne d’Arc, on sort tout juste des fêtes qui célèbrent « La Pucelle », je vous propose de porter votre regard sur un immeuble dans la rue qui porte le nom de la « Sainte ». C’est devant le n°9 qu’il faut s’arrêter, et justement c’est Jeanne qui vous observe du haut de la clé de linteau du porche.

Si par bonheur les doubles vantaux sont ouverts, je vous invite à oser jeter un oeil, en toute discrétion, vers le plafond du passage. Il est encore dans son jus et offre aux regards un décor peint qui récompensera votre curiosité… Tout au fond, des reliefs aux faux-airs de frise du Parthénon.

Le 26 juin 1846, à cette adresse, s’ouvre le « Café de la ville », à l’initiative de Victor CATHERINE, un limonadier originaire du Calvados qui vient de quitter le « Café du Loiret ». Cet établissement était situé à gauche de la façade du théâtre, c’est-à-dire aujourd’hui celle de l’hôtel de ville.

 

Le lieu devient l’endroit à la mode, ses multiples animations et soirées en font le point de ralliement  de la bonne société locale. 

 

Vincent CATHERINE s’associera avec un autre limonadier, Charles Joseph BOTTO, en 1849. Ce dernier cède le café à un certain M. VINCENT en 1862.

 

Fin 1861, les époux BOTTO ont loué, pour dix ans, auprès de la municipalité, un terrain situé sur la place Bannier, actuelle place Gambetta. Ils y construisent un pavillon surnommé « Le Chalet », constitué de « deux bâtimens se tenant et consistant en : salle de café, salle de concert, cabinet, cuisine,cage d’escalier, chambres hautes avec greniers perdus ; petits jardins au levant et au couchant entourés de grillages et plantés d’arbres d’agrément »

 

Folie des grandeurs ou défaut de rencontre avec sa clientèle, « Le Chalet » mène Charles Joseph à la faillite en 1866. 

 

 

Quant au « Café de la Ville », il poursuivra sa glorieuse destinée jusqu’au début du XXème siècle, époque où il disparaitra des lieux au profit d’une boutique d’habillement. La rue Jeanne d’Arc vient à son tour d’être mise à bas de son trône de rue à la mode par celle de la République.

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Commentaires : 3
  • #1

    jeandler (mercredi, 11 mai 2016 07:56)

    Superbe.
    Je me promène souvent la tête en l'air mais ici j'avais tout loupé. Merci.

  • #2

    Sam (mercredi, 11 mai 2016 07:59)

    Merci pour ce beau reportage.
    Orléans est une très belle ville, riche par son histoire et son patrimoine.
    Bravo pour votre site, belle continuation à vous !

  • #3

    desbois lydia (mercredi, 11 mai 2016 12:08)

    Superbe plafond ! J'espère pouvoir y jeter un oeil ...