Le cardinal CAMBOUT de COISLIN

Portrait du cardinal CAMBOUT de COISLIN, d'après Hyacinthe RIGAUD

Musée de l'Histoire de France, Versailles

Deux ventes aux enchères à venir mettent à l’honneur le cardinal Pierre Armand du CAMBOUT de COISLIN qui fût évêque d’Orléans de 1665 à 1706. Deux tableaux sont mis en vente, ils reprennent le portrait du prélat peint par Hyacinthe RIGAUD.

La première vente aura lieu le 1er avril 2016, chez Audap & Mirabaud à Paris. Elle propose une toile ovale de 59 x 72cm : « Ecole française du XIXe siècle, suiveur de Hyacinthe Rigaud »… Estimée 1200/1500 €.

La seconde vente aura lieu le 4 avril 2016, chez Me L’Huillier et L’Huillier associés à Paris, Hôtel des ventes de Drouot, Salle 1.  Il s’agit ici d’une toile de 51 x 60cm : « Ecole française du début du XVIIIème siècle, entourage de Hyacinthe Rigaud », estimée 4000/6000 €. Ci-dessous, un extrait de la notice descriptive de cette toile :

 

 

« Les ecclésiastiques constituèrent tout au long de la carrière de Rigaud des clients privilégiés. Au début de l'année 1699, il inscrivit dans ses comptes le paiement d'un portrait du cardinal Pierre du Cambout de Coislin, un buste à 210 livres,(…) ce tableau est aujourd'hui perdu. Second fils de Pierre-César du Cambout, marquis de Coislin, lieutenant général et de Marie Séguier (fille aînée du célèbre chancelier), notre modèle avait entamé très tôt sa carrière dans l'église. Bénéficiaire de l'abbaye de Jumièges à l'âge de sept ans, le plus jeune abbé du royaume fit ses études en Sorbonne. Il fut successivement chanoine de la cathédrale de Paris (1647), puis commendataire à l'abbaye de Saint Victor (1653), prieur de Longpont (1661), évêque d'Orléans (1666) à l'âge de trente ans, puis commandeur de l'ordre du Saint-Esprit fin 1688. Coislin fut élevé à la dignité de cardinal au consistoire en 1697, à la surprise de la cour. Il passait une partie de son temps à Versaille où il eut l'honneur de célébrer le mariage du jeune duc de Bourgogne et de Marie-Adélaïde de Savoie, le 7 décembre 1697 à Versailles. Il fut nommé grand Aumônier de France en 1700 en remplacement du cardinal de Bouillon. Cette même année il participa, en tant que cardinal- prêtre de la Trinité-des-Monts, au conclave qui élit Clément IX. Il mourut à Versailles le 5 février 1706, considéré comme l'un des prélats les plus pieux et des plus discrets du royaume. Saint- Simon a loué sa modestie et sa simplicité. Quarante ans après un premier portrait peint par Robert Nanteuil en 1658 (et gravé en 1666), Rigaud représente " M. d'Orléans " dans la vêture traditionnelle de cardinal, tourné légèrement sur la droite, avec le grand camail rouge et sa calotte de même couleur. Au cou, sous le double rabat de gaze, s'étale le grand cordon bleu soutenant la croix de l'ordre du Saint Esprit. On ne peut qu'être saisi de la ressemblance du visage avec la description que fit Saint Simon du modèle : " C'était un homme de moyenne taille, gros, court, entassé, le visage rouge et démêlé, un nez fort aquilin, de beaux yeux avec un air de candeur, de bénignité, de vertu qui captivait en le voyant, et qui touchait bien davantage en le connaissant. ". Ce portrait, gravé en 1700 par Isaac Sarrabat, rencontra un grand succès et devint l'image officielle du cardinal. L'original est non localisé actuellement mais quatre copies sortirent de l'atelier du peintre dès 1699, pour un montant de 280 livres, soit 70 livres chacune. Les visages en furent confiés à l'aide et ami de Rigaud, Adrien Leprieur (v.1671-1736) qui reçoit 32 livres pour ce travail, ajouté de la même somme pour autres deux copies entières. L'année suivante, c'est au tour de l'Aixois Charles Viénot (1674- 1706) de réaliser " deux habits du cardinal de Coaislin " pour un montant inconnu. Enfin, en 1708, une autre réplique est vendue 75 livres à un certain " mr Charpentier " (2). Plusieurs toiles peuvent être mises en rapport avec cette série, au musée des Beaux-arts d'Orléans (toile ovale, 71 x 59,7 cm), au musée des Beaux-arts de Nantes (81,5 x 65 cm), et une autre de meilleure qualité à la sacristie de la cathédrale d'Orléans due à Leprieur. Celle que nous présentons, au cadrage plus serré, réduite dans sa partie inférieure, rend pleinement justice au modèle, reproduisant très fidèlement le modelé du visage et la complexité des plis des yeux et gardant une belle vibration dans les carnations. Nous remercions Monsieur Stéphan Perreau pour son aide dans la description de ce tableau. .1. Joseph Roman, Le livre de raison du peintre Hyacinthe Rigaud, Paris, 1919, p. 74 ; Stéphan Perreau, Hyacinthe Rigaud, catalogue de l'oeuvre, Sète, 2013, cat. *P.641, p. 150. .2. Roman, 1919, p. 76, 83, 140. »

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