39 - Il était une fois...

Vue de la rue de Bourgogne depuis la rue Royale après les bombardements.

Du n°82 au n°62 dans la rue Royale...

Vous avez sous les yeux :

- Une photographie d’Orléans après les bombardements.

- Un plan où l'on remarque la rue Royale.

 

Là, vous vous dîtes que je vais (encore) vous entraîner à nouveau en 1940… Eh bien non !

Une alidade !

Le samedi 19 mars 2016, il sera mis en vente aux enchères à La Flèche (72) chez Cyril Duval, une alidade en laiton dans son coffret d’origine en bois naturel, ouvrage d’un ingénieur-opticien d’Orléans, nommé STROPÉ. Elle est datée de la « fin du XIXème s. » et est estimée de 80 à 120 €. Elle provient d’un château du Maine-et-Loire…

 

Comme vous commencez à le savoir (enfin pour ceux qui connaissent déjà ce blog), c’est le genre de « mystère » qui éveille ma curiosité…

 

Tout d’abord, une alidade est un instrument permettant de mesurer des angles et utilisé dans les travaux publics, la navigation ou encore l’artillerie.

Et alors ? Qu'est-ce que je peux vous en dire ?

 

Voilà... STROPÉ, dont les prénoms sont Jacques et Paul, est né en 1811 à Chartres (28). Il épouse Julie Adèle BOUDET, native de Nogent-le-Rotrou (61). Le couple s’installe à Orléans au milieu des années 1830. Ils prennent la succession de Charles BIESSE, un opticien installé au n°82 de la rue Royale (auparavant rue Sainte-Catherine). En 1838, la boutique n’a pas d’autre choix que de se déplacer, puisque l’immeuble qu’elle occupe va être démoli pour laisser place au débouché de notre rue Jeanne d’Arc sur la rue Royale. Le couple déménage au n°62, même rue. C’est là que décède Jacques Paul en 1861, ce qui laisse supposer que l’alidade mise en vente a été fabriquée de fait avant cette date. La succession sera assurée par M. BRUNET, le gendre des époux STROPÉ, pour passer en 1878 entre les mains de M. DUVALDESTIN. Georges Claude STROPÉ, fils de Jacques Paul, ingénieur-opticien comme son père, s’est quant à lui installé à Paris vers la même époque, dans la galerie Montpensier, c’est-à-dire au Palais-Royal.

 

Le thermomètre STROPÉ était, à Orléans, celui qui indiquait les températures quotidiennes.

Plan dessiné à partir de celui du cadastre de 1823 (section B). Le n°82 a été détruit par le percement de la rue Jeanne d'Arc (laquelle est dessinée en pointillés) et le n°62 lors des bombardements... La partie ouest de la rue Jeanne d'Arc estt un prolongement du tracé initial, réalisé après guerre, pour rejoindre la place de Gaulle.

Voilà, j’espère que votre curiosité aura été satisfaite, tout autant que la mienne. Une histoire d’optique que je dédie à quelqu’un… Qui se reconnaitra j’en suis sûr !


Les photographies de l'alidade sont issues du catalogue de la vente qui aura lieu le 19 mars prochain. Catalogue que vous pouvez consulter en cliquant ici

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Commentaires : 1
  • #1

    abbé Jean de Hautefeuille (samedi, 19 mars 2016 10:46)

    Bonjour. Je suis ravi de savoir que depuis mon décès en 1724, un autre Orléanais s'est soucié de "niveau". Ah ! si mon niveau inventé en 1679 avait été conservé, je serais riche en le mettant en vente aux enchères ! Sait-on encore qu'il existe le "bon niveau" à ne pas confondre avec le "mauvais niveau". C'est pourquoi la Loire continue de couler : le fameux Riquet, qui fit le canal du midi, avait persuadé le pouvoir que l'on pouvait alimenter les eaux nécessaires à Versailles par un prélévement en amont d'Orléans. Le budget, énorme, fut même décidé. Colbert écouta heureusement l'abbé Picard, l'inventeur d'un des niveaux de cette époque, qui lui démontra, niveaux à l'appui, que c'était impossible.