35 - Le musée disparu...

Au n°4 rue de la Hallebarde, le Musée Paul Fourché (surligné)

La rue de la Hallebarde débouchant sur l'Hôtel des Postes (aujourd'hui place de Gaulle)

Il était une fois la collection Paul FOURCHÉ...

 

L’aventure orléanaise de la famille FOURCHÉ débute avec Claude François FOURCHÉ, dit FOURCHÉ-LECLERC, originaire de l’Yonne, il s’installe en tant que confiseur place du Martroi. Ce personnage, grand-père de Paul FOURCHÉ, fut aussi maire de Semoy sous le Second Empire. François Joseph Guillaume Edouard, le père, confiseur lui aussi, épouse en 1835 Joséphine Octavie Marie POTHIER, fille d’un entrepreneur de bâtiments. Le 31 août 1840 nait Jean Baptiste Jules Paul FOURCHÉ. Le couple quittera Orléans pour Bordeaux, sans doute après le décès de l’aïeul en 1863. 

Immeuble (surligné) où naquit Paul Fourché.

A cet endroit se trouvait "Le Café de Chartes", avant d'être remplacé par le Crédit Lyonnais, alias LCL

Ayant fait fortune dans le négoce, mais n’ayant pas oublié sa ville natale, le 9 mai 1907, Paul FOURCHÉ, « a fait à la municipalité la remise de ses collections : peinture, sculpture, dessins et aquarelles, objets d’art, ivoires, biscuits, miniatures, éventails et meubles, installées 4, rue de la Hallebarde, dans l’ancien immeuble occupé parla maison Gustave Renault, et qui sert d’annexe au Musée de peinture ». 

 

La municipalité se porte acquéreur d’un hôtel particulier au n°4 de la rue de la Hallebarde, qui fut en d’autres temps la demeure de ville des BEAUHARNAIS, et ouvre au public ce nouveau musée en 1908 ; la collection y occupe onze salles sur plusieurs niveaux. Chaque année, Paul FOURCHÉ complète le fonds en faisant don de nouvelles oeuvre. En janvier 1922, un journaliste local s’enthousiasme : « Qui sait, même ce que l’avenir nous réserve encore ??? »… 

A son décès en novembre 1922, par testament, Paul FOURCHÉ « lègue un très belle collection de dessins de maîtres ainsi qu’une importante dotation en argent (100,000 fr.) ».

 

A partir du 14 juin 1940, la ville d’Orléans est bombardée et… le Musée Paul Fourché et une grande partie de sa collection disparaissent… Point final ? Absolument pas !


L'angle sud-ouest de la place du Martroi, ouvrant sur la rue de la Hallebarde, en juin et octobre 1940

Si j’ai bonne mémoire, c’est au début des années 1990 qu’est réapparu en vente aux enchères à New-York un « tableau disparu »… Le conservateur de l’époque, Eric MOINET, se lance dans dans une enquête tendant à reconstituer ce qu’il advint entre le 14 et 25 juin 1940. La collection comportait « 400 peintures, 300 dessins encadrés, 74 sculptures et 416 objets d’arts » ; à quoi vint s’ajouter, en 1922, « 1600 dessins, des recueils de gravures et de dessins et quatre portraits : celui de Cochin par Chardin, de Dagoty par Heinsius, un portrait allemand du XVIème siècle et un portrait de femme au Pastel par La Tour ».

 

Le résultats des investigations fait apparaitre que le musée fut éventré par les bombes, qu’il eut à subir des actes de pillages (par des civils et/ou des militaires ?) avant que la rue de la Hallebarde ne soit atteinte par les flammes de l’incendie qui ravagea le coeur de ville, soit 17 hectares.

 

 

MOINET Eric, Les musées dans la tourmente. La disparition des collections du Musée Paul Fourché : le naufrage d’une collection, in Mémoires de l’Académie d’Orléans, Agriculture, Sciences, Belles-lettres et arts, 1995, VIème série, tome 4, août 1997, pp. 123-128

Ensemble d'oeuvres qui étaient visibles au Musée Paul Fourché avant le 14 juin 1940.

 

Lesquelles ont survécu ?

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Commentaires : 1
  • #1

    GIRAFLOU (vendredi, 09 septembre 2016 10:43)

    WAAAAAAAAAH C'EST BEAAAAAAU