34 - La Rotonde, place du Martroi

La rue de la République ne s’est pas bâtie du jour au lendemain. Situé dans le haut de la rue, l’Hôtel du Berry fut le premier immeuble à s’élever ; donnant sur le Martroi, celui de La Rotonde sera le premier pour la partie basse.

En janvier 1897 se crée une Société Anonyme au capital de 200,000 fr., réparti en 400 actions de 500,00 fr, laquelle société devient propriétaire de deux lots pour un montant de 122,251 fr. 50, « dans le but de construire et d’exploiter un immeuble à l’angle de la rue Bannier et de la rue de la République ».   Elle est placée sous la présidence de M. PINAULT, son fondateur.

Avant 1897

Dès début février, « la nouvelle Société s’est mise à l’oeuvre. Déjà, la démolition des anciennes constructions est commencée et bientôt il va être procédé à l’édification d’un immeuble, dont le premier étage sera occupé par le Cercle de l’Union et du Loiret ». D’autres immeubles sont prêts à sortir eux aussi de terre. Au mois de mai, on constate que la rue de la Gare (premier nom de la rue de la République) « est un rude chantier ! Dessus, dessous, la chaussée, les trottoirs, tout se creuse, se remblaie, se fouille, se construit. Après un fort moment de calme, les travaux semblent vouloir marcher rondement ». Du côté de La Rotonde, « les terrassiers y sont allés carrément, (…) c’est un trou immense dans lequel on creuse des puits pour les fondations ».

Vers février 1897

Le 18 juillet est posée la première pierre sous un ciel chauffé à 32°C ! « C’est l’une des pierres de taille destinées à servir de base à la rotonde, au-dessus du sol » qui reçoit une bouteille dans laquelle est introduit un parchemin, « avec un certain nombre de pièces du millésime 1897. Le tout a été placé dans une cavité ménagée sur le dessus d’un des gros socles de pierre placé à l’angle de la rue de la République».

 

Les entreprises ayant participé à ce projet furent :

  • L’entreprise d’Emond GUILLON, qui eut en charge les terrassements, la maçonnerie, les gros fers, la charpente et les plâtres.
  • L’entreprise COURSIMAULT, pour la serrurerie et la quincaillerie.
  • L’entreprise des frères BARRÉ, pour la menuiserie des parquets (ils travaillèrent au château des Charbonnières).
  • L’entreprise ROSSIGNOL, pour la couverture.

L’architecte :

  • M. HUBERT.

 

La mi-novembre voit la pose des premiers fers de la coupole. A la fin de ce même mois, un accident se produit. Désiré BIGOTTEAU, tailleur de pierres, quitte le chantier en passant sous le monte charge. Au même instant, un nommé UGONNET jette une « rognure de poutre » qui l’atteint à la tête, choc auquel il ne survivra pas.

 

En janvier 1898, le dôme achève d’être couvert et « les sculptures de la façade s’ébauchent avec rapidité ; les deux étages supérieurs sont maintenant débarrassés de leur échafaudage ».

 

En mars, deux voleurs de plomb sont arrêtés ainsi que leur receleur, un brocanteur de Saint-Marceau.

 

 

Début avril, l’appartement du 2ème étage est proposé à la location, tandis que le 30 voit l’ouverture du «Grand Café de la Rotonde». Les propriétaires sont les époux DUFOUR. Le décor est l’oeuvre de M. LECLER, architecte parisien « qui a créé le magnifique, le splendide, le féerique établissement (…). Ses superbes décors, ses magnifiques vitraux émaillés polychromes et ses plafonds ornés de caissons richement composés ». On y admire particulièrement un panneau en faïence émaillée représentant Jeanne d’Arc gardant son troupeau.

 

Vers avril 1898

La guerre n'épargnera pas ce bâtiment emblématique de la place du Martroi... Le mois de juin 1940 voit les bombes tomber et pulvériser les alentours.

Juin 1940, l'incendie qui ravagea la ville n'est pas encore éteint

Vers 1942, le déblaiement des ruines est effectué, les gravats ayant été évacués quai Madeleine

Vous savez... Cette jolie promenade dominicale !

Quant à l'occupant il a pris ses quartiers au "Grand Café""

Vers 1944, l'immeuble jouxtant la seconde rotonde est atteint à son tour

Hiver 2015-2016, un ciel de saison...

Une cariatide gainée retenant une corne d'abondance

Consoles à enroulement, feuilles d'acanthe, et tas de sable en partie haute

Deux gaines à lambrequins soutenant le balcon du 3ème étage dont le garde-corps est constitué de balustres

En sous-face les attributs des arts

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