33 - Plus de pots... Mais des pneus !

Quai Saint-Laurent, si vous avez un souci avec les pneumatiques de votre voiture, vous pouvez vous arrêter au n°42. C’est à cette adresse, alors n°40, qu’était une manufacture de faïences dans la seconde moitié du XIXème siècle. Mais… Remontons un peu dans le temps. 

L’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui débute avec Julien François BOUILLY, natif de Tuboeuf en Mayenne. En 1796 (an IV) il épouse en premières noces, à Orléans, Anne Florence FLEUREAU, et en secondes noces en 1804 (an XII), Marie Louise Scolastique LIOT. On retrouve le couple rue Royale au n°66, dans les années 1820, installé comme marchand faïencier (inutile de tenter de vous présenter le n°66, c’est l’un des immeubles disparus de la rue Royale lors du bombardement de la ville en 1940). En 1838, la boutique est entre les mains de MM. TRUTTEAU et BILLETTE. Le fils TRUTTEAU cède l’activité en 1886 à M. et Mme. BRAVAIS. « Et la manufacture dans tout cela ? », me direz-vous… J’y arrive ! Patience…

En 1876, TRUTTEAU reçoit une médaille de bronze pour des poteries horticoles. Lors de la vente de 1886, il se sépare d’un « fonds de commerce de fabricant et marchand de faïence, porcelaine, poterie et verrerie, qu’il exploite à Orléans, rue Royale n°66, rue Neuve n°15 et 17, et quai Saint-Laurent n°40 ». Le n°40 quai Saint-Laurent ne lui appartient pas, il n’est que le locataire des lieux. En 1887, 1890 et 1895, les bâtiments du n°40 sont présentés à la vente par adjudication. Il semble que ce soit Pierre Edmond Alaric BRAVAIS qui s’en porte acquéreur, puisqu’en 1898 ceux-ci représentent son apport, lorsqu’il s’associe avec Albert Marie BARDIN, qui lui met sur la table 100,000 fr. en espèces !

 

En 1894, un article paru dans « Le Journal du Loiret » évoque l’activité de la manufacture «TRUTTEAU-BRAVAIS » qui « ne se lance point dans les objets de luxe, coûteux, fragiles et de débit mal assuré. [Mais] elle se consacre exclusivement aux objets utiles, usuels, de nécessité indiscutable et dont le placement, comme le renouvellement à bref délai, est certain. (…) La fabrique BRAVAIS se consacre donc exclusivement à la faïence et à la poterie ordinaire. Ses produits se répartissent en quatre grandes catégories : les articles de ménage ; la poterie horticole ; la poterie de construction et les articles de chimie».

Il serait intéressant de retrouver des pièces de la production de cette usine. Avis aux chineurs ! De quand date la fin de l’activité ? J’avoue ne pas le savoir. En 1938, à son décès, Albert BARDIN est qualifié d’ancien industriel. 

 

 

Le bâtiment ayant pignon sur quai est celui le plus clairement identifiable aujourd’hui, avec peut-être les ateliers à l’arrière. 

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