31 - Danses macabres au Campo Santo

Ma carte de voeux pour la nouvelle année utilisait une vue aérienne de la cathédrale et de ses abords. On y apercevait au nord un bâtiment, depuis disparu, au coeur du Campo Santo.

 

Construit entre 1824 et 1826 par un certain M. DUVET sous la direction de François Narcisse PAGOT, c’était alors une Halle au blé. L’emplacement choisi était celui d’un ancien cimetière installé là en 1209 et fermé en 1786 (dixit le Dr. CHARPIGNON). Lors des travaux de terrassement, débutés en 1823, un ouvrier y laissa la vie, enseveli sous la terre noire et grasse, étouffé par la poussière des défunts. 

Archives Municipales d'Orléans - Cote : 1 Fi 20-1

Le lieu devient Halle Saint-Louis en 1829, avec cafés et restaurants. Elle fut utilisée pour la remise des prix du Lycée Impérial sous le Second Empire, pour diverses festivités et bals, mais aussi pour les ventes aux enchères des biens saisis par autorité judiciaire. 

 

En 1864, la municipalité ne peut que constater que « la Halle continue à être en décadence. Les habitudes nouvelles du commerce la font déserter, et nous n’avons aucun moyen de les faire changer ». Elle deviendra une écurie pour les chevaux de l’artillerie. 

 

 

Début 1884, il est envisagé de la transformer en Salle des Fêtes pour le concours régional d’Orléans de la même année. La mue du bâtiment consiste à l’araser à hauteur des murs de façade et à le surélever pour créer un niveau supplémentaire constitué d’une structure métallique. De nouveaux travaux de terrassement pour l’installation d’un chauffage mettent au jour des ossements, restes des corps autrefois inhumés là. Le respect des morts ne fut guère de mise, puisque les déblais furent transportés « pêle-mêle, avec la terre, à la Canche-Tudelle ou sur le boulevard Rocheplatte ». Les arcades côté sud furent démolies et réutilisées, avec d’autres matériaux récupérés pour la reconstruction « des anciens magasins auprès du Réservoir ». 

Archives Municipales d'Orléans - Cote : 1 Fi 1-64

A son tour la halle succomba sous les coups de pioches et les reliques des dernières dépouilles furent secoués dans leur ultime sommeil pour faire place à un parking souterrain dit du Campo-Santo.

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Commentaires : 3
  • #1

    louise (jeudi, 18 février 2016 22:14)

    tres bien

  • #2

    asselineau (vendredi, 19 février 2016 19:02)

    tres intéressant

  • #3

    Emilie (mercredi, 17 août 2016 13:27)

    étonnant ! captivant ! surtout le non-respect du lieu et des sépultures ! incroyable !