20 - Le plantigrade a eu chaud !

Le 29 mars 1905, en fin d’après-midi, le plantigrade de la maison de l’Ours a senti comme un parfum de brûlé dans l’air qui n’augurait rien de bon… C’est un certain M. Haulot, facteur aux Halles, qui aperçut le premier des flammes s’échappant par la toit. Il prévint M. Mothiron fils, tonnelier, locataire des lieux. Celui-ci  « qui est sapeur au bataillon des pompiers, enfourcha sa bicyclette, se rendit à la mairie où il donna l’alarme, puis au dépôt du matériel, Salle des Fêtes [qui était située en plein milieu du Campo Santo]. (…) Au bout d’une heure de travail, tout danger était conjuré ».


C’est cet évènement dramatique qu’immortalisa pour la postérité le photographe Joseph. Le cliché nous montre une épaisse fumée s’élevant dans le ciel, l’alarme vient juste d’être donnée… A gauche de la maison de l’Ours, la maison Jean d’Alibert, et encore après ont peut voir celle occupée aujourd’hui par « Les Becs à Vins », alors la « Buvette du Châtelet ». Une petite observation s’impose, cette maison n’avait pas encore été surélevée et était alors dans son « jus » d’origine. Autre curiosité, le drapé qui dépasse sur le côté gauche de la photgraphie. Serait-ce là une marquise ? Je ne parle pas bien sûr d’une noble personne pourvue de ses seize quartiers, mais d’une avancée sur rue ayant pour but de protéger le chaland des intempéries ligériennes.

Avant restauration en 2006

L'enseigne de la maison de l'Ours en 2015

L'enseigne de la maison de l'Ours, gravée en 1878

Dans « Les enseignes du Vieil Orléans » (1878), celle de la maison de l’Ours est décrite comme suit : 


« C’est là, une de nos enseignes les plus curieuses, qui se distingue autant par la nature du sujet que son exécution simple et sévère tout à la fois. (…) Elle représente (…) un ours, ainsi que le constate l’inscription tracée en lettres capitales sur un petit cartouche. Sur la gauche, est un arbre contre lequel s’appuie un personnage, dont la posture peut donner lieu à des interprétations différentes : Appuyé d’une main à l’arbre, (…) il peut sembler fuir l’approche du plantigrade, qui parait bien pacifique cependant, et que sa muselière doit rendre moins redoutable ; ou bien, et c’est notre opinion, il faut y voir un cornac aviné, qui, pour obtenir un équilibre malgré tout instable, est forcé de prendre un point d’appui sur les objets environnants ». 


 

Pour résumer selon le Dr. Patay et M. Emile Davoust, nous avons affaire à un ours de foire et son dresseur à la limite du coma éthylique… Comme quoi, même les « gens sérieux » sont doués d’humour…

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