16 - Contre-révolutionnaire puis louis-philipparde...

N°86 rue de la Bretonnerie, il est une maison à fière allure malgré son état actuel (surtout le décor de l'entablement et la corniche - partie haute). Avant que cette demeure ne soit bâtie dans les années 1830/1835, il en existait une autre qui connut des heures sombres à la période révolutionnaire.


A cette époque elle servit de refuge à Julien François DERVILLÉ, un ci-devant père jésuite, à Marie-Anne POULLIN, une ex-religieuse propriétaire des lieux, à Marguerite BÉNARD sa domestique, et à cinq autres soeurs. Tout ce petit monde formait une communauté paisible, jusqu’au jour où le sieur DERVILLÉ, qui sortait déguisé en femme pour « porter aux fidèles les secours de la religion », fut arrêté en pleine rue... L’ensemble de la maisonnée fut transporté à Paris pour être jugé par le Tribunal révolutionnaire. 

 

Le 21 décembre 1793 (1er nivôse an II ), Julien François DERVILLÉ, Marie-Anne POULLIN et Marguerite BÉNARD furent condamnés à mort et eurent droit à la guillotine, « convaincus d’être auteurs ou complices de conspirations & complots tendans à troubler l’état par une guerre civile, en armant les citoyens les uns contre les autres, entretenant des conciliabules secrets & perfides pour favoriser la révolte des brigands de la Vendée, en déguisant le sexe d’homme sous l’habit de femme, en recélant les signes du fanatisme & de ralliement des contre-révolutionnaires, ont été condamnés à mort ».


Du fait de sa condamnation par le Tribunal révolutionnaire, la maison de Marie Anne POULLIN fut saisie et mise en vente par le district d’Orléans. Elle fut acquise par François VOILLAUME, alors secrétaire de la municipalité d’Orléans. La bâtisse passe de main en main, pour finir dans celles de Pierre PAYEN, un marbrier « adjudicataire des chapelles sépulcrales des cimetières » de la ville d’Orléans, qui fait construire celle que nous connaissons. En 1835/1836, il tente de vendre cette « maison nouvellement construite, avec balcon ». Force est de constater qu’à son décès en 1841, elle ne l'’est toujours pas...

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