5 - La place des Quatre Coins

A l’angle de la rue de la Vieille Monnaie, lorsqu’elle débouche sur la rue Jeanne d’Arc, l’on peut voir une pierre gravée indiquant « N°1 PLACE DES 4 COINS » (à noter, la petite flèche orientée vers le haut, placée en bas à droite - elle n’est pas très visible).

Qu'en est-il de cette place ? Si je vous dis " le massacre de la Saint-Barthélémy "

Vous vous demandez, légitimement, quel est le rapport avec le sujet du billet de ce jour ?

Pourtant tout est là...


Petit saut en arrière, retour aux guerres de religions.


Il se trouve qu’en juillet 1569, les catholiques entreprennent de détruire une maison, qui servait de lieu de rassemblement aux protestants pour leurs prêches. Il s’agissait de la « Maison des Quatre Coins », qui devait son nom aux rues qui aboutissaient à chacun de ses angles.


18 août 1572, Henri de Navarre (futur Henri IV) épouse Marguerite de Valois (la reine Margot) ; mariage d’un protestant (versatile) et d’une catholique. Le 24 suivant débute à Paris le massacre des protestants par les catholiques, jour de la Saint-Barthélémy. Le 26 cette vague meurtrière déferle sur Orléans. Dans un soucis de sécurité, les magistrats de la ville décident que les femmes et les enfants des protestants doivent se mettre à l’abri dans une maison qui servait alors de prison, non loin des Quatre Coins. Ce refuge illusoire ne leur permit cependant pas d’échapper à la folie collective.  Selon Denis Lottin*, il y eu près de 2000 victimes lors de ces journées sanglantes.


19 janvier 1581, par lettres-patentes, Henri III autorise la municipalité à acheter les ruines de la maison des Quatre Coins ; elle sera rasée et donnera naissance à la place du même nom, qui à son tour disparaitra lors du percement de la rue Jeanne d’Arc dans l'axe de la cathédrale Sainte-Croix, qui s’est achevé en 1846

* Denis Lottin père, Recherches historiques sur la ville d’Orléans…, tome 2, Orléans, imprimerie Alexandre Jacob, 1837, pp. 2-3 et p. 65. 


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