Connaissez-vous Orléans ? Ses endroits cachés... Sa petite histoire qui parfois croise la grande... Non ? Alors, la visite commence ici...

 

Bonne découverte, bonne lecture...

 

Eric Millet, alias Le Vieil Orléans

 

Petit nota important : si vous me laissez un commentaire, suite à la lecture de l'un des billets, il m'est malheureusement impossible de répondre à celui-ci sur ce blog. Si vous souhaitez échanger, je vous invite à passer par la rubrique pour me contacter dans le sommaire. Merci

 



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67 - L'Hôtel de l'Epervier

Qui se pose en terrasse du Lutétia, lorsque le soleil tourne à l’angle de Sainte-Croix, celui-là ne se pose pas de questions, Il savoure l’instant et… il a bien raison !

 

Pour autant… Peut-être est-il installé dans le fantôme des maisons situées entre la rue des Hennequins et du cul-de-sacs Barbecannes, à moins qu’il ne soit en plein milieu de cette impasse, à deux pas de l’Hôtel de l’Epervier.

 

L’Hôtel de l’Epervier ? C’est cet immeuble qui occupait l’espace devant la Salle de l’Institut et  le magasin Bauer.

Avant la Révolution, il appartenait à l’Hôtel-Dieu. Son rôle d’hôtel/auberge apparait dès les débuts de la presse locale, c’est à dire dans les années 1760, il est dit près de l’Hôtel-Dieu en vis-à-vis de la cathédrale.

 

Peut-être vendu (si ce n'est certainement) en tant que bien national lors de la Révolution, il appartient en 1793 à Jean Barthélémy CARPENTIER, un traiteur originaire de Picardie, lequel décède en 1804. Sa veuve poursuit l’activité quelques temps avant de mettre l’établissement en location. Louis Dominique DELAIR s’installe alors dans le lieu. A son décès en 1820, l’affaire passe à son gendre Pierre Marie GAUDY, un parisien qui était auparavant chef de cuisine dans la capitale. L’ordonnance royale du septembre 1825 valide le percement de la rue de Bourbon (Jeanne d’Arc) et l’élargissement de la place Sainte-Croix. L’hôtel de l'Epervier est démoli vers 1827...

Parcelle 751 : l'Hôtel de l'Epervier

Parcelles 753 et 338 : remises de l'hôtel

Archives municipales d'Orléans - Document 1 Fi 6-3 (plan de 1824)

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66 - Si j'avais un marteau...

« Si j'avais un marteau 

Je cognerais le jour 

Je cognerais la nuit 

J'y mettrais tout mon cœur… »

 

Ca commence comme un refrain de chanson connue, et ça se termine sous la lame affutée d’une guillotine…

 

Alexandrine Frédéric HOUDEBINE, né en 1802 à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, épousa à 33 ans la fille d’un gendarme à pied ; tonnelier de profession, il habitait alors rue Croix de Bois, chez son père, au n°5.

 

Très tôt, la justice eut à s’inquiéter de ses faits et gestes. En 1825, il est condamné à 10 ans de réclusions pour des vols de futailles à Cléry. Ayant obtenu une remise de deux ans, il revient au pays. Inutile de chasser le naturel, il revient au galop… Le voici écopant de 20 années de travaux forcés pour des vols d’alcools. De retour à Orléans en 1858, après sa sortie du bagne, il passe à la vitesse supérieure, menant une vie dissolue, fréquentant les bordels locaux où il se noie dans l’alcool. Le fruit de son travail ne suffisant pas à subvenir à ses besoins, il opte pour une autre activité : attaquer la nuit « des vieillards sans force et sans défense » qu’il tue à « coups de marteau à la tempe », tout en prenant soin d’étancher le sang répandu avec des cendres…

 

L’une de ses victimes survivra, celle-ci le reconnaissant formellement, l’enverra à l’échafaud…

 

Ce personnage à la « physionomie ordinaire, un peu voûté du dos » sera exécuté le 18 juin 1865, place Saint-Charles, devant une foule de plus de 10 000 personnes.

 

Il était accusé :

  • De la tentative d’assasinat sur la personne de la veuve MEUSNIER, à La-Chapelle-Saint-Mesmin, en 1863.
  • Du meurtre de Sylvain DESOUCHES, un sabotier de 81 ans à Olivet, en 1864.
  • Du meurtre de Jean COURTIN, un vigneron de 68 ans, à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, en 1865.

Et suspecté :

  • Du meurtre d’Alexandrine GOMIER, veuve POULAIN, une débitante de tabac tuée à coups de marteau, à Villeneuve-Ingré, en 1859.
  • Du meurtre d’Etienne FEUILLÂTRE, un vigneron de 63 ans, à Saint-Jean-de-la-Ruelle, en 1860.
  • Du meurtre de Philippe Joseph PLUST, un marchand de farine de 63 ans, faubourg Bourgogne à Orléans, en 1862.
  • De la tentative d’assassinat de Mme DUMONT, une épicière d’Olivet, en 1862. Laquelle ne put donner que peu d’indices.

La Caserne Jeanne d'Arc (ou Saint-Charles) qui était située face à la place Saint-Charles (aujourd'hui la CAF), lieu des exécutions

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65 - Le Café de la Pointe

Le Café de la Pointe au début du XXème siècle

Au bout de la rue Porte Saint-Jean, à la jonction de celle d’Illiers, se trouvait au temps jadis… Le Café de la Pointe… Lors du recensement de 1861, c’est un épicier qui occupe les lieux ; en 1866, un marchand de vin. 

 

Dans les années 1870/1880, le café est tenu par Pascal TILLAS, lequel y décède en 1883. La maison est mise en vente l’année suivante et décrite comme « comprenant cave, rez-de-chaussée, premier et deuxième étage, grenier. »

 

Il s’y fait un dépôt d’huitres de Marenne, au prix de 0,90 fr. et 1,20 fr. la douzaine…

 

En 1888, c’est de cet endroit que part le « Championnat annuel junior du club vélocipédique d’Orléans », sur un circuit de… 30mn !

 

En 1896, suite au décès d’Eugène Casimir LECREUX, nouvelle mise en vente des lieux.

D'après le plan du cadastre de 1823 (Archives Municipales d'Orléans), l'emplacement du Café de la Pointe.

La vente de 1896 nous permet d’en savoir un peu plus sur les lieux : 

 

Un corps de bâtiment comprenant « au rez-de-chaussée, salle de billard, buvette, corridor entre et une cuisine. Au premier étage, un passage couvert, trois chambres à feu et quatre cabinets, grenier au-dessus couvert en ardoises.

 

Et un autre corps de bâtiment sous même faîte que le précédent, en  façade sur la rue d’Illiers, comprenant : au rez-de-chaussée, buanderie et magasin. Au premier étage, une chambre à feu. Au deuxième étage, une chambre à feu, grenier couvert en ardoises au-dessus du tout.

 

Cave sous la salle de billard et la buvette divisée en deux parties et dont la descente se trouve dans la salle de billard.

 

 

Petite cour close par un mur, sur la rue d’Illiers ; cabinet d’aisances, escalier desservant les deux corps de bâtiment prenant naissance dans la cour. »

 

Aquis en 1896 par Louis GUILLAUMIN, le café passera de main en main jusque dans les années 1970, moment où la déesse voiture en provoquera l’alignement et disparition définitive…

Rue Porte Saint-Jean vers 1918 ou 1919

Rue Porte Saint-Jean aujourd'hui

Ne vous y trompez pas... L'immeuble que vous pourriez prendre pour le Café de la Pointe a été en réalité construit il y a quelques années

L'ancienne Porte Saint-Jean démolie en 1831

La nouvelle Porte Saint-Jean, après 1831

Pour la petite histoire, la rue Charles Coudière, qui démarre rue d’Illiers pour rejoindre le boulevard, cette rue s’appelait autrefois… la rue de la Pointe comme vous pouvez le constater sur le plan ci-dessus.

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64 - Le Sénateur (n')est (pas) mort...

Portrait photographique par Louis Victor Paul BACARD, dit BACARD fils (1845-19..), installé au n°31 du boulevard Bonne Nouvelle à Paris ; successeur de THIEBAUD en 1871.

De nos jours, les médias sont prompts à jeter en pâture la moindre information sensationnelle. Mieux vaut lancer une informartion erronée que de rater un scoop...

 

En 1900, Le Journal du Loiret, propriété de Georges Michau & Cie, avait pour :

 

- Rédacteur en chef Eugène PETIT.

- Directeur-gérant Georges MICHAU lui-même.

- Directeur politique Auguste BOUCHER.

 

La rédaction et l’administration étaient installés dans le Passage du Loiret…

Pas la peine de chercher à visiter ce fameux passage, il était situé dans un immeuble derrière celui de La Rotonde, place du Martroi, et a été pulvérisé par les bombes en juin 1940.

 

Bref, toujours est-il que ce journal, à tendance très nettement droitière, avait en ligne de mire le Sénateur du Loiret Adolphe COCHERY, homme de gauche.

Portrait gravé par Alexandre NERAUDAU (1820-?), débute son activité d’imprimeur-lithographe en 1851 au n°16 et n°18 rue des Fossés Montmartre. L’original étant manifestement le cliché de BACARD fils.

Né le 26 août 1819 (année que l'on trouve sur la base de données de l’Assemblée Nationale), Adolphe COCHERY fut Député du Loiret de 1869 à 1888, puis Sénateur du Loiret ; il fut aussi Conseiller général du Loiret, pour le canton de Montargis, à partir de 1871, en prenant la présidence en 1877 jusqu’à son décès.

 

Le 22 août 1900, Le Journal du Loiret fait part à ses lecteurs de l’état de santé défaillant d’Adolphe COCHERY, en précisant le 19 septembre que sa santé « cause à sa famille et à ses amis les plus vives inquiétudes ».

 

Le 21 septembre : "scoop" de leur correspondant parisien à 3h00 du matin ! Adolphe COCHERY est décédé… Il a droit à une petite notice nécrologique comme il se doit (dans laquelle il est dit être né en 1821) ; sauf que l’information est démentie le lendemain, puisque fausse...

Le 14 octobre les rotatives de l’imprimerie peuvent officialiser son VRAI décès. Une nouvelle notice nécrologique en dresse un portrait… à charge et sur mesure :

 

« Il avait quatre-vingt-deux ans, cette longue existence, il l’a remplie par toutes sortes d’actes bruyants, il l’a mêlée à toutes sortes d’évènements plus ou moins historiques. sans être au premier rang nulle part, il s’est mis au deuxième ou troisième partout ; dans le Loiret seulement, il occupait la première place ».

 

Je vous fait grâce du reste qui est tout aussi fielleux.

 

Le numéro du 15-16 octobre annonce les funérailles en l’église Saint-Pierre-de-Chaillot pour le mardi (16 octobre), information accompagnée d’un petit rappel de son parcours. Un point retient particulièrement l’attention :

 

« Le 5 juillet 1870, il adressa la fameuse question qui fit de l’incident Hohenzollern l’occasion, sinon la cause, de la guerre franco-allemande. il fut néanmoins des 84 qui votèrent contre la guerre ».

 

Comment ? C’est donc Adolphe COCHERY le responsable de la guerre de 1870 ???

 

Reprenons le fil des évènement de la guerre franco-prusienne : Le 25 juin 1870, la Reine Isabelle II d’Espagne abdique ; deux jours plus tard, Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, un prince prussien, présente sa candidature au trône d’Espagne. La France craint alors d’être prise entre deux feux. Le 5 juillet 1870, Adolphe COCHERY interpelle le Ministre des affaires étrangères pour connaitre la position du gouvernement face à cette menace. Lequel gouvernement s’oppose le lendemain à la dite candidature, laquelle est retirée le 12 juillet.

 

Voilà le « crime » d’Aldolphe COCHERY : avoir osé poser une question. Rien de plus !

 

La suite des évènements ? L’une des pages douloureuses de l’histoire franco-allemande découlant d’une habile provocation, à même de chauffer à blanc des égos nationalistes irritables et irrités… (rien de nouveau sous le soleil).

 

Certes, les écrits restent… Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont paroles de l’Evangile ! A méditer en ces temps troubles...

A Orléans, une « place »  porte son nom… Je mets des guillemets, car c’est plutôt une « placette » en forme de rond-point, perdue au fin fond d’un quartier de pavillons, entre la rue Paul Gauguin et celle du Général de Sonis. Là où va se cacher la postérité… A Montargis, il a droit à une avenue et à Malesherbes, à une rue.

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63 - Rue Porte Madeleine n°40

A la fin des années 1830, la ville d’Orléans compte une vingtaine de fabriques de couvertures. La plupart sont installées dans la partie ouest de la ville, que ce soit en intramuros ou dans le faubourg.

L’une de ces fabriques de couvertures s’installe rue Porte Madeleine, elle appartient à Armand CHEVALLIER, un beauceron originaire de Châteaudun (28) qui se marie en 1834 à Orléans. Il est le fils d’un fabricant de couvertures demeurant rue de l’Ange.

 

En 1857, il s’associe avec son beau-frère Eugène Etienne FERRANT, créant une société en nom commun. Ils sont installés au numéros 38 et 40 de la rue Porte-Madeleine.

 

En 1861, c’est Jules Antoine CHEVALLIER, le fils, qui s’associe avec son oncle FERRANT. 

 

En 1867, Jules Antoine et son frère Ludovic Eugène créent une nouvelle société. Au décès de leur père en 1873, les deux frères habitent rue Porte Madeleine aux numéros 40 et 50. Ces deux immeubles sont mis en vente en 1886, après décision de liquider l’affaire l’année précédente. Ludovic se lançant dans l’activité de vidangeur… Pour résumer, le but était de vider les fosses d’aisances, d’en récupérer le contenu et de le transformer en engrais dit poudrette.

Annonce de 1886 dans le Journal du Loiret

Plan réalisé d'après le cadastre de 1823 - Section D

Le n°46 en bleu (aujourd'hui n°44) est la seule maison n'ayant pas été alignée dans rue Porte Madeleine. Les numéros 40, 42 et 44 ont été remplacés par le n°40, c'est à dire la maison dont il est question ici.

En rouge des bâtiments et en vert des jardins.

L’immeuble du n°40 rue Porte Madeleine, celui que nous pouvons voir aujourd’hui, semble avoir été construit vers 1870. Le n°40 est le logement de la famille CHEVALLIER et le n°42 celui du concierge. Le n°40 où logent en 1836 le père, Armand CHEVALLIER, n’ayant absolument rien à voir avec le numéro actuel. Si l’on observe le cadastre de 1823, l’on découvre que cette maison donne accès à un parcellaire beaucoup plus important qu’il n’y parait. L’activé manufacturière perdure au moins jusqu’en 1894, époque à laquelle les bâtiments sont mis en vente, bien que loués jusqu’en 1896. Par la suite, c’est l’école supérieure de garçon qui s’installe à cet endroit, remplacée aujourd’hui par La Maison des Adolescents.

 

Lors de la mise en vente de 1894, les lieux sont ainsi décrits : « [La maison ] élevée sur cave d’un rez-de-chaussée consistant en une allée ouvrant sur la rue Porte-Madeleine et aboutissant à une petite cour pavée, un salon parqueté éclairé sur la rue par deux fenêtres, et à la suite, séparée par un châssis et une porte vitrée, salle à manger, éclairée sur la cour ; escalier dans l’allée ; descente de cave à côté.

Premier étage parqueté, composé d’une chambre à coucher éclairée par une fenêtre sur la rue, cabinet de toilette à la suite éclairé par une petite fenêtre sur la rue, cabinet noir, autre cabinet éclairé par un oeil de boeuf sur le passage de voiture, servant à la fabrique, chambre à feu éclairée au nord sur la cour.

Deuxième étage composée d’une chambre mansardée, avec petite cheminée prusienne, éclairée au nord, grenier, chambre mansardée sans cheminée, éclairée au midi sur la rue, chambre de domestique.

Dans la cour un appentis comprenant bûcher et cabinet d’aisances.

Petite cour pavée dans laquelle se trouve un ancien puits et deux auvents l’un au-dessus de la porte de la salle à manger, l’autre couvert d’ardoises le long d’une partie du mur mitoyen au levant.

A la suite et au nord, plante-bande avec arbustes, cave sous les bâtiments.

Dans la vente n’est pas comprise une pièce servant de cuisine dépendant de la maison Porte-Madeleine n°38 (les ouvertures créées seront à boucher au frais du propriétaire du n°38).

 

2° - Les bâtiments et terrains servant à la fabrique de couvertures (…) ».

Détail d'une carte postale de l'Ecole Primaire Supérieure & Professionnelle

(expédiée en 1906)

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62 - Des sculptures par "MILLION"...

Il y a quelques années encore, on pouvait voir dans la rue du faubourg Saint-Vincent, au n°163, au premier étage d’un immeuble somme toutes assez anodin, ce qui semblait être un atelier d’artiste. Derrière les vitres apparaissaient des bustes oubliés de notables, figés dans le plâtre. A l’époque, je n’avais pas la réponse à mes interrogations, juste une petite lumière de curiosité qui s’allumait à chaque passage près de ce lieu. L’atelier a été vidé, les bustes ont disparu (où ?), les vitres de l’atelier ont cédé la place à des fenêtres classiques, le tout transformé en habitation. Fin...?

 

Derrière cette façade se cachait une partie de l’histoire de Charles MILLION. 

Charles Robert Etienne MILLION est né à Orléans en 1890 d’un père plâtrier, il épouse le 21 février 1914 Marie Ernestine BEAUBRAS, et est alors domicilié au n°18 de la rue des Volontaires, à Paris XVe. Il exerce le métier de sculpteur-ornemaniste. La guerre l’emporte sur les champs de bataille au sein du 131e régiment d’infanterie. 

 

De retour à la vie civile, il devient marbrier, que ce soit pour le funéraire ou les devantures de boutiques, reprenant l’atelier d’Albert DOUCET, lequel avait été apprenti d’un certain M. BAR.

 

En 1921 est inauguré par le ministre des colonies, Albert SARRAUT, le monument aux morts de Beaugency, oeuvre de M. MOREAU-VAUTHIER, en collaboration avec Charles MILLION ; des anciens camarades de tranchée au 131e RI. La même année est inauguré un autre monument aux morts au lycée d’Orléans, qui est l'oeuvre de Charles.

Réclame de 1926

En 1927 il reçoit les Palmes académiques.

 

En 1930 est installé le buste de Charles PEGUY, au rond-point Bourgogne, sculpté par NICLAUSSE et dont Charles avait réalisé le socle. Lors des bombardements de 1940, un éclat d’obus endommageât le buste, lui créant un trou à l’endroit où Charles PEGUY fut mortellement blessé en 1914. C’est du moins ce qui se dit…

Charles MILLION, ami de Charles PEGUY, réalisa le médaillon qui orne la tombe de l’écrivain au cimetière Saint-Marc. Les traits de PEGUY sont repris du tableau de Pierre LAURENS, daté de 1908.

Portrait de Charles PEGUY par Pierre LAURENS, en 1908

Réclame de 1932

En 1933 il est fait officier de l’instruction publique ; année où est inauguré son monument aux morts du 131e RI au quartier Coligny (Cité administrative), année où le musée de peinture et de sculpture d’Orléans se porte acquéreur de son buste d’Eugène TURBAT, présenté au Salon des Artistes Français. 

 

Eugène TURBAT (1865-1944) fut maire d’Orléans de 1929 à 1935, sénateur de 1933 à 1941 et conseiller général. 

 

En 1935 est inauguré le buste en bronze, coulé par la maison Barbedienne, de Fernand RABIER, place Halmagrand ; s’en suit une vive polémique quant au peu de ressemble de l’oeuvre par rapport au modèle. Parti à la fonte en 1942 il sera remplacé en 1951 par celui que nous connaissons. 

 

Fernand RABIER, dont le second prénom est Athos (1855-1933), fut maire d’Orléans, député du Loiret de 1888 à 1919, sénateur du Loiret de 1920 à 1933, conseiller général et président du Conseil général.

Fernand RABIER en 1908 (http://gallica.bnf.fr)

Fernand RABIER en 1931 (http://gallica.bnf.fr)

Cette même année 1935 est inauguré le monument en hommage à Léon CHENAULT, horticulteur, au Parc Pasteur, oeuvre réalisée en collaboration avec M. BAUD.

 

En 1936, c’est au tour du monument en mémoire de Pierre Ier de Serbie d’avoir l’honneur des ciseaux inauguraux.

En 1938, on lui doit aussi un buste de Max JACOB.

Buste de Max JACOB, Musée des Beaux-arts de Quimper

Portrait photographique de Max JACOB

Je n’ai absolument pas la prétention d’avoir retracé l’oeuvre de Charles MILLION, tout au plus ai-je effectué un survol rapide. 

 

Charles MILLION s’est éteint en 1978 à Orléans.

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Inconnue 26

Qui est cette Mademoiselle STAHL (ou STAEL ?) de Cambrai ?

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Des flambeaux orléanais ?

Demain dimanche 29 janvier 2017, il sera mis en vente aux enchères par Me ROUILLAC, à l'Hôtel des Ventes de Vendôme (41),  une " Paire de flambeaux en bronze argenté et ciselé. La base circulaire à contours chantourné, à doucine fleuronnée soutient le fût à pans coupés ornés de coquilles. Binet hexagonal à décor de guirlandes de fleurs Epoque Louis XV. Haut. 24 cm."

Ils sont estimés 400/600 €

Cette paire ressemble à ceux de l'orfèvre orléanais Antoine VI HANAPPIER, vers 1742-1744, exposé au musée des Beaux-Arts d'Orléans 

Tout comme à la paire en bronze mis en vente par le même Me ROUILLAC le 18 janvier 2015.

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61 - Le Café de la Croix-Morin

En prenant la rue des Carmes depuis la place de Gaulle, au débouché de cette rue, vous arrivez à l’embranchement de deux autres rues, à votre gauche celle de la Porte Madeleine, à votre droite celle de la Porte Saint-Jean, entre les deux, formant l’angle, vous trouverez un café.

 

Nous sommes sur la place de la Croix-Morin, laquelle porte ce nom du fait d’une croix autrefois plantée dans le champs d’un sieur Morin. Sauf que… Elle n’était pas située à cet endroit à l’origine, mais à la Porte Dunoise, c’est à dire grosso modo au croisement de la rue de Bourgogne, avec les rues Sainte-Catherine et du Cerceau (source : Emile Lepage : Les rues d’Orléans).

Voilà, vous vous êtes repérés géographiquement, vous avez eu droit à un petit topo historique… Si on se faisait une brève de comptoir ? Enfin une brève…

 

Ce qui est aujourd’hui « Le Bistrot de la Croix-Morin » fut et a toujours été un commerce. A la fin du XVIIème siècle, on y trouve une épicerie ; épicerie qui développe une activité de troquet, et nous voici arrivé au café. 

 

la carte postale, ci-dessous, nous fait découvrir l’endroit au début du XXème siècle. 

On remarque une marquise qui vient prolonger la façade principale. Elle fut installée en 1890 à la demande des cafetiers d’alors, à savoir Louis Théophile POULAIN et Octavie Mathilde GROUSSIER son épouse ; lesquels sont aussi propriétaire des murs. Murs qui seront transmis par succession à leur fille Jeanne Marie Mathilde, épouse de Léonce Paul Ernest BUFQUIN.

 

Revenons à notre carte postale vers 1900… Au dessus de l’enseigne « Café et Buvette », sont placées trois plaque : celle de gauche « Café », cette de droite « Vins » et celle du milieu « Gout ». Un café de bon goût ? Presque…

 

Plus simplement l’endroit est alors tenu par Georges Guillaume GOUT et son épouse. Etrange histoire que celle de cet homme....

Né en 1860 à Paris, ses parents disparaissent juste après sa naissance… C’est du moins ce qui apparait sur l'acte de mariage, puisque ses parents sont notés absent depuis 1860 ! Ces M. et Mme GOUT, sont-ils ceux qui apparaissent sur le cliché ? La question est posée.

 

Aujourd’hui, la fameuse Croix-Morin semble bien mal en point, perchée qu'elle est sur la façade. Une petite restauration s’impose, non ?

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Conférence 10 février 2017

L'accès est libre :-)

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