Connaissez-vous Orléans ? Ses endroits cachés... Sa petite histoire qui parfois croise la grande... Non ? Alors, la visite commence ici...

 

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Bonne découverte, bonne lecture...

 

Eric Millet, alias Le Vieil Orléans

 

Petit nota important : si vous me laissez un commentaire, suite à la lecture de l'un des billets, il m'est malheureusement impossible de répondre à celui-ci sur ce blog. Si vous souhaitez échanger, je vous invite à passer par la rubrique pour me contacter dans le sommaire. Merci

 



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61 - Le Café de la Croix-Morin

En prenant la rue des Carmes depuis la place de Gaulle, au débouché de cette rue, vous arrivez à l’embranchement de deux autres rues, à votre gauche celle de la Porte Madeleine, à votre droite celle de la Porte Saint-Jean, entre les deux, formant l’angle, vous trouverez un café.

 

Nous sommes sur la place de la Croix-Morin, laquelle porte ce nom du fait d’une croix autrefois plantée dans le champs d’un sieur Morin. Sauf que… Elle n’était pas située à cet endroit à l’origine, mais à la Porte Dunoise, c’est à dire grosso modo au croisement de la rue de Bourgogne, avec les rues Sainte-Catherine et du Cerceau (source : Emile Lepage : Les rues d’Orléans).

Voilà, vous vous êtes repérés géographiquement, vous avez eu droit à un petit topo historique… Si on se faisait une brève de comptoir ? Enfin une brève…

 

Ce qui est aujourd’hui « Le Bistrot de la Croix-Morin » fut et a toujours été un commerce. A la fin du XVIIème siècle, on y trouve une épicerie ; épicerie qui développe une activité de troquet, et nous voici arrivé au café. 

 

la carte postale, ci-dessous, nous fait découvrir l’endroit au début du XXème siècle. 

On remarque une marquise qui vient prolonger la façade principale. Elle fut installée en 1890 à la demande des cafetiers d’alors, à savoir Louis Théophile POULAIN et Octavie Mathilde GROUSSIER son épouse ; lesquels sont aussi propriétaire des murs. Murs qui seront transmis par succession à leur fille Jeanne Marie Mathilde, épouse de Léonce Paul Ernest BUFQUIN.

 

Revenons à notre carte postale vers 1900… Au dessus de l’enseigne « Café et Buvette », sont placées trois plaque : celle de gauche « Café », cette de droite « Vins » et celle du milieu « Gout ». Un café de bon goût ? Presque…

 

Plus simplement l’endroit est alors tenu par Georges Guillaume GOUT et son épouse. Etrange histoire que celle de cet homme....

Né en 1860 à Paris, ses parents disparaissent juste après sa naissance… C’est du moins ce qui apparait sur l'acte de mariage, puisque ses parents sont notés absent depuis 1860 ! Ces M. et Mme GOUT, sont-ils ceux qui apparaissent sur le cliché ? La question est posée.

 

Aujourd’hui, la fameuse Croix-Morin semble bien mal en point, perchée qu'elle est sur la façade. Une petite restauration s’impose, non ?

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Conférence 10 février 2017

L'accès est libre :-)

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60 - L'épicerie était fine...

La rue de la République… Vous l’empruntez depuis la place du Martroi pour vous perdre dans l'un des temples du consumérisme qu’est le centre commercial Place d’Arc.

 

La rue de la République, c’est cette artère percée à la fin du XIXème siècle, qui avait pour but d’arriver juste dans l’axe de la gare. Et, en cette fin septembre 1901, c’est l’effervescence…

 

« L’évènement du jour, c’est (…) l’exposition de la succursale de l’épicerie Saint-Aignan, tenue par M. Paul LAURENT, dont l’ouverture est annoncée pour demain. Et cet évènement a pris des proportions considérables, à en juger par la foule de curieux qui se presse devant le magnifique étalage de la nouvelle maison

« Très avantageusement située (…), luxueusement installée dans un vaste immeuble qui fait un heureux vis-à-vis à celui de la Société des immeubles du Loiret et dans lequel l’architecte M. [Louis] DUTHOIT, habilement secondé par M. [Edmond] GUILLON, entrepreneur, a su allier les attraits de l’art nouveau aux nécessités du confort intérieur, la maison Laurent consitue, certainement, l’un des plus beaux ornements de notre nouvelle rue.

(…) On y trouvera (…) tout ce que les gourmets et les délicats peuvent désirer de mieux (…).

(…) Demain donc tout Orléans prendra d’assaut la succursale de l’épicerie Saint-Aignan (…). »

 

Comme quoi l’hystérie collective constatée le 24 août dernier, à l’ouverture de la fameuse marque suédoise, n’est que l’arrière-arrière petite-fille de celle de 1901.

Réclame de 1904

L’épicerie Saint-Aignan était initialement située au n°3 du faubourg Bannier. Reprise vers 1890 par Paul LAURENT, natif de Courtenay, elle déménagera vers 1894 au n°131 de la rue Bannier. En 1898, l'enseigne se fait remarquer par la circulation d’une voiture de livraison aux couleurs éclatantes. 

 

En 1901, les deux adresses cohabitent. En juin 1905, un incendie détruit totalement la boutique de la rue Bannier ; dont Paul LAURENT n’était que le locataire. Ne reste alors que l’adresse prestigieuse de la rue de la République. 

Calendrier de 1907

En octobre 1912, Paul LAURENT décède « à la suite d’une crise aigüe d’une maladie qui ne pardonne pas et qui l’a emporté en quelques heures »…

Vous remarquerez que la flèche du dôme a disparu...

La façade rue de la République

Vue depuis la rue Adolphe Crespin

Le dôme et son horloge

L'une des lucarnes à pinacles

Consoles du balcon du second étage : grappe de raisin et feuilles de vigne à gauche, pomme de pin se poursuivant par trois feuilles d'acanthe supportant une forme au nom indéterminé à droite...

Console au motif en épi de maïs du balcon/loggia "mauresque" du troisième étage

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59 - Pianissimo Maestro !

Direction la rue Jeanne d’Arc, au numéro 30, il y a d’abord le père, puis le fils… Mais pas de Saint-Esprit. Petite histoire de la famille MAGNUS…

 

Le père, Charles Adolphe, né en 1833 à Strasbourg, veuf de Wilhelmine Henriette BALDNER, épousa en secondes noces Eugènie Marie Annette BODESCOT, en 1861 à Orléans.

Petit retour en arrière… C’est en 1842 qu’est fondée à Orléans la maison Besville, par Amable BESVILLE, à la fois professeur et marchand de musique. En 1864, il s’associe avec Auguste ELFERS, un facteur-accordeur de piano, originaire du Hanovre. Les deux associés transfèrent leur activité rue Jeanne d’Arc, l’année suivante, pour cause d’agrandissement. En 1873, ELFERS s’associe avec Charles Adolphe MAGNUS, et cette même année, Le Journal du Loiret dresse un portrait du dit Charles Adolphe :

 

« M. MAGNUS, qui vient de s’établir à Orléans comme professeur, a donné hier, dans les anciens salons de pianos de M. BESVILLE, une séance de musique classique (…). Fils d’un professeur de musique de Strasbourg, M. MAGNUS a fait ses études de violoniste au Conservatoire de cette ville, sous la direction de M. SCHWOEDERLé, savant professeur qui avait obtenu à Paris le premier prix du Conservatoire et qui était un des meilleurs élèves de  l’illustre BAILLOT. (…) M. MAGNUS vint à Paris se perfectionner dans son art (…). Ces études faites, il fut premier chef d’orchestre d’opéra pendant cinq ans, enseigna quelques temps à Poitiers et se rendit de là à Besançon où, durant un séjour de douze années, il s’acquit la plus honorable réputation. Il y a tenu les divers emplois de professeur de violon et d’accompagnement au Conservatoire, de premier violon solo à l’orchestre du théâtre, et de chef d’orchestre de la Société symphonique bisontine. »

 

 

Petit Nota : le sieur BAILLOT, dont il est question ici, se prénomme René-Paul (1813-1889), pianiste, compositeur et professeur au Conservatoire de Paris.

Charles Auguste MAGNUS décède en 1874, sa veuve prend la suite tout en restant associée avec ELFERS ; puis ce sera Jean Léopold Raoul (1865-1931), fils du couple MAGNUS-BODESCOT.

Tramway circulant rue Jeanne d'Arc et présentant une publicité pour les pianos Magnus-Focké

En 1887, Jean Léopold Raoul épouse Marguerite Jeanne Anne FOCKÉ. Celle-ci est la soeur d’Ernest FOCKÉ, facteur de piano parisien, lequel avait fondé sa maison en 1860 et fut médaillé d’or à l’Exposition Universelle de 1889. La maison MAGNUS-FOCKÉ proposant à la vente les pianos du fameux Ernest.

 

Voilà, c’était un survol rapide d’une partie de la vie musicale orléanaise sur près d’un siècle.

Il est à regretter que la devanture Art Nouveau n’ait pas survécu aux aléas de la mode. Le temps passe, tout s’efface… ou presque !

Piao Magnus-Focké mis en vente sur Le Bon Coin

Dans un billet précédent, j'avais déjà évoqué cet immeuble à l'angle de la rue Charles Sanglier et de la rue Jeanne d'Arc. Pour le lire, cliquer ici.

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58 - Le décor de La Rotonde

Le 10 février dernier, j’évoquais dans un billet la construction de l’immeuble de La Rotonde (pour le lire cliquer ici). Le propriétaire de l’époque, M. DUFOUR, avait fait appel à un architecte parisien, M. LECLERC, lequel créa « le magnifique, le splendide, le féerique établissement (…). Ses superbes décors, ses magnifiques vitraux émaillés polychromes et ses plafonds ornés de caissons richement composés ». On y admirait particulièrement un panneau en faïence émaillée représentant Jeanne d’Arc gardant son troupeau. 

 

Force est de constater qu’aujourd’hui il ne reste rien de tout cela…

Le Café (vue depuis l'entrée ?) - A droite, au-dessus du piano, le panneau en céramique représentant Jeanne d'Arc gardant son troupeau.

En farfouillant de-ci delà, j’ai croisé la route de Georges MALAIZE. Né à Paris en 1877, il débute comme artiste dramatique sur les scènes parisiennes, en particulier au théâtre de l’Ambigu-Comique. En 1901, il se marie une première fois en… Dordogne ! Il divorce, se remarie en 1908 à Paris, et arrive à Orléans vers 1911/1912. C’est sans doute à cette époque qu’il reprend le café-restaurant de « La Grande Rotonde ». 

 

La devise de notre homme ? « Qui déjeune ici ici n’a malaise » !

 

Je reviens au décor… Le 8 mai 1926, c’est jour de fête à Orléans. Forcément, on défile pour Jeanne d’Arc ! La journée fut fructueuse pour le commerce local, c’est du moins ce que dut penser l’un des plongeurs de La Rotonde, lequel se laisse enfermer dans le lieu pour la nuit. Son espoir ? Voler la recette de la veille ! Pas de chance… La caisse est emportée chaque soir, il ne reste que 150,00 francs. Sans doute un peu frustré, « En partant, il [met] le feu avec une bougie, aux tentures de l’orchestre ». L’incendie se propage et est signalé vers 1h00 du matin. Une fois maîtrisé, on découvre les dégâts : «  le plafond a été brûlé sur une longueur de dix mètres. Les tentures, plusieurs banquettes, le piano Gaveau, les partitions des musiciens ont été détruits ainsi que le magnifique panneau de céramique consacré à Jeanne d’Arc et qui se trouvait dans l’encoignure de l’orchestre . »

 

C’est ainsi que dans la nuit du 8 au 9 mai 1926, la Jeanne d’Arc et son troupeau sont partis en fumée…

 

Notre plongeur écopera de cinq ans de prison. Les dégâts s’élevant à plus de 200,000 francs…

Le Restaurant (vue vers le Martroi) - Au centre probablement Georges MALAIZE, et à droite derrière la caisse, sans doute sa mère Julie Etiennette VERNET (ou VERNEY).

Georges MALAIZE poursuivra son activité. Veuf en 1928, il se remaria l’année suivante à Paris, pour la troisième et dernière fois. Il décède en 1931 et est inhumé à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin dans le caveau familial. Son fils Pierre reprenant l’affaire.

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Orfèvrerie orléanaise...

Aujourd’hui 16 novembre 2016, à 10h30, il sera vendu aux enchères à Gênes (Italie), chez Wannenes Art Auctions, un très joli huilier orléanais de 1773. Estimation ? 300/500 €

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57 - Charlemagne et François 1er se promènent...

Feu le Collège de la rue Jeanne d’Arc, qui fut aussi Lycée, et dont on connait la façade sur la rue Jeanne d’Arc, est l’oeuvre d’Etienne Albert DELTON. C'est cet architecte parisien qui sévira lors de la « rénovation » de l’Hôtel Groslot…

Charlemagne et François Ier se promènent...

Choisis en 1845, les plans du Lycée du sieur DELTON sont validés par le ministère de l’instruction publique et le conseil des bâtiments civils en 1847.Pour ce bâtiment,  il tente d’innover en envisageant de remplacer les planchers en bois par des « planchers en fer ». Je ne sais si cette folie innovatrive a été appliquée...

 

En juin 1850, « On vient de placer sur leur soc, à l’entrée de la nouvelle construction du Lycée, les deux statues de Charlemagne et de François Ier, qui doivent orner l’entrée principale. On devrait bien presser l’exécution des travaux restant à faire et enlever le plus tôt possible cette clôture qui obstrue en face du lycée la circulation sur le trottoir de la rue Jeanne d’Arc. »

 

En août 1851, « Une mutilation inexplicable a eu lieu cette nuit dans la rue Jeanne d’Arc. Des malfaiteurs se sont amusés à briser les bras des deux statues de Charlemagne et de François Ier, qui ornent la grande porte de notre Lycée. La police recherche en ce moment les auteurs de ce fait inqualifiable, qui ont sans doute ignoré que le code pénal a des peines applicables pour les dégradations de monuments publics. »

 

Majestueuse l’entrée l’est à n’en pas douter, sauf que…

Sauf qu'en 1857, M. LAFONTAINE expose un rapport par lequel il explique que les statues « servent (…) à des stations contraires à la propreté et aux bonnes moeurs ». Ben v'là autre chose !?...

 

On consulte DELTON qui considère « qu’au point de vue de l’art et de l’architecture il ne lui paraissait pas possible d’enlever les piédestaux qui coupent, suivant les principes de la science architectonique, une façade d’une étendue considérable. Quant aux deux statues, si on ne veut pas les conserver, on pourrait les remplacer par des faisceaux d’attributs relatives aux sciences et aux arts qu’on enseigne au lycée ». En août, la dépose des statues est voté à 15 voix contre 6.

 

A une date qui m’est inconnue, elles sont installées devant la bibliothèque construite d’après les dessins de François Narcisse PAGOT, au début du XIXème siècle.

Au tout début du réaménagement de ce quartier, qui deviendra les Petits Champs-Elysée, la démolition de la bibliothèque est entreprise vers 1912/1914. C’est à ce moment qu’André MAILFERT, le célèbre ébéniste de la rue Notre-Dame-de-Recouvrance, les achète pour 500,00 fr. à l’entrepreneur parisien chargé de la démolition.

 

On pouvait voir ces sculptures dans la cour de la maison dite de François Ier en 1922. MAILFERT affirmait alors qu’elles avaient orné l’entrée du pont Royal, pour être mises au Lycée, et qu’elles étaient contemporaines de la statue de Jeanne d’Arc par GOIS, aujourd’hui au Tourelles. Info ou intox ?

 

Question du jour : que sont devenues ces statues ?…

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Les chiens d'Orléans...

Il ne faut pas prendre les orléanais pour des cruches, qu’on se le dise ! Certes, ils ont la réputation d’avoir un esprit « guépin », ce qui laisse entendre qu’ils sont « légèrement » narquois et mordants dans leurs reparties (vous remarquerez l’euphémisme des guillemets). Vraiment ? A propos de mordant… Ils sont aussi qualifiés de chien… Sale réputation que voilà ! A la vérité il y a deux pistes possibles pour ce qualificatif :

 

1 - Ils ont un caractère de chien (on y revient).

 

2 - Une histoire de fidélité remontant à Jeanne d’Arc (feue l’incontournable Pucelle locale).

 

Je vous laisse choisir…

 

Ce 8 novembre 2016, il sera mis en vente aux enchères, par Mathieu Semont SCP, à Saint-Jean-de-la-Ruelle, un pichet en grès de 24cm de haut estimé 10/20 €. Le modèle zoomorphe porte un collier affichant fièrement « chien d’Orléans ». Le même modèle est actuelle en vente sur un site marchand, bien connu, à un prix nettement plus prohibitif : multiplication par 4 à 5 de rigueur. Il y est signalé comme « broc à absinthe ».

 

 

Fin de la rubrique shopping des ventes pour ce jour.

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56 - L'abbé sentait le souffre...

Caricature du 17 octobre 1869

En 1912, Le Journal du Loiret informait ses lecteurs du décès de Charles Jean Marie LOYSON, « qui fut, un moment une des gloire de la chaire chrétienne et qui bientôt, grisé par des succès oratoires, emporté par le vertige de l’orgueil, tomba aux pires reniements, vient de s’éteindre chez son fils, à Paris, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. (…) Il était tombé dans l’oubli le plus profond - et c’est ce qu’il pouvait lui arriver de mieux ».

 

La messe était dite et il ne fallait pas y revenir… Eh bien si ! On y revient !

Le petit Charles est né à Orléans rue Saint-Euverte au n°24 (alors n°28) le 10 mars 1827, son père était alors inspecteur d’académie faisant fonction de recteur pour l’académie.

Charles  fut ordonné prêtre au bout de quatre années d’études et devint enseignant de philosophie et de théologie. Il exerça le ministère sacerdotal à Saint-Sulpice où « il se convainquit que sa vocation l’appelait à la chaire, passa deux ans de noviciat au couvent des Carmes de Lyon, puis entra dans cet ordre, et débuta en prêchant avec succès ». A l’été 1864 « il vint à Paris, parut à la Madeleine d’abord et enfin, dans l’Avent, à Notre-Dame, où il obtint un grand et rapide succès. »

Sa carrière fulgurante dérapa fortement avec la lettre qu’il adressa le 20 septembre 1869 au R. P. général des Carmes déchaussés à Rome, mais aussi… à la presse !

 

Le père Hyacinthe, c’est alors son nom, exprime haut et fort son désaccord : « Vous exigez que je parle un langage, ou que je garde un silence qui ne serait l’entière et loyale expression de ma conscience », et comme il refuse de modifier le fonds de ses propos, il s'abstient de remonter en chaire à Notre-Dame, s’éloignant de son couvent : « je proteste contre le divorce impie autant qu’insensé qu’on s’efforce d’accomplir entre l’Eglise (…) et la société du dix-neuvième siècle ».

 

On tente la conciliation, l’évêque d’Orléans DUPANLOUP y met son grain de sel, rien n’y fait… Le pape Pie IX trouve alors que la blague a assez duré et n’hésite pas à employer l’excommunication majeure, c’est à dire sans retour possible au sein de l’église. Le trublion est chassé… la paix revient ?

1872, il fait parler de lui en épousant une veuve américaine qu’il a converti au catholicisme. Ils auront un fils… 1878, il fonde la nouvelle église gallicane, qui se veut catholique mais autonome vis-à-vis du pape. L’année suivante il inaugure son église dans… l’ancien Théâtre des Folies-Montholon, rue Rochechouart. 1881, il préconise la séparation de l’église et de l’Etat (loi qui verra le jour en 1905). 1883, nouvelle église rue d’Arras. Il semble faire ensuite moins parler de lui, avant de disparaitre en 1912.

En famille...

C'était le petit résumé du parcours de vie de cet abbé sulfureux natif d'Orléans.

Le buste que l'on peut voir sur sa tombe au Père-Lachaise, avec juste en dessous, pour épitaphe : "Agir comme s'il n'y avait au monde que sa conscience et Dieu"...

 

A méditer !

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Céramiques "G. TRUTTEAU"

Demain, 2 novembre 2016, débute une vente aux enchères à partir de 14h15, chez maîtres Fraisse & Jabot à Tours. Sous les numéros 166 à 171, nous trouvons des céramiques orléanaises du XIXème, et plus particulièrement celles de Charles Georges TRUTTEAU (1842-?), fils d’Etienne TRUTTEAU (v.1809-1875), dont la manufacture était installée quai Saint-Laurent. Manufacture évoquée dans le billet n°33 (à lire ou relire en cliquant ici).

Lot 167 : terrine couverte en faïence. Décor blanc et foncé à décor de cannelures et frise de perles. Petite prise en forme de coquille. Marque en creux "Orléans G. Trutteau". Marque de moule "1". 14 x 22,5cm (éclats et usures d'usages) - Estimation : 60/80 €

Lot 168 : déjeuner couvert en faïence foncée à deux prises, le couvercle avec bouton et trous d'aération. Marque en creux "Orléans G. Trutteau". 23 x 22,5cm. Estimation : 100/150 €

Lot 169 : petitpoêlon en faïence beige craquelée et brune avec oreilles. Marque en creux "Orléans G. Trutteau". Marque de moule "6". Estimation : 30/40 €

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