Connaissez-vous Orléans ? Ses endroits cachés... Sa petite histoire qui parfois croise la grande... Non ? Alors, la visite commence ici...

 

Bonne découverte, bonne lecture...

 

Eric Millet, alias Le Vieil Orléans

 

Petit nota important : si vous me laissez un commentaire, suite à la lecture de l'un des billets, il m'est malheureusement impossible de répondre à celui-ci sur ce blog. Si vous souhaitez échanger, je vous invite à passer par la rubrique pour me contacter dans le sommaire. Merci

 



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63 - Rue Porte Madeleine n°40

A la fin des années 1830, la ville d’Orléans compte une vingtaine de fabriques de couvertures. La plupart sont installées dans la partie ouest de la ville, que ce soit en intramuros ou dans le faubourg.

L’une de ces fabriques de couvertures s’installe rue Porte Madeleine, elle appartient à Armand CHEVALLIER, un beauceron originaire de Châteaudun (28) qui se marie en 1834 à Orléans. Il est le fils d’un fabricant de couvertures demeurant rue de l’Ange.

 

En 1857, il s’associe avec son beau-frère Eugène Etienne FERRANT, créant une société en nom commun. Ils sont installés au numéros 38 et 40 de la rue Porte-Madeleine.

 

En 1861, c’est Jules Antoine CHEVALLIER, le fils, qui s’associe avec son oncle FERRANT. 

 

En 1867, Jules Antoine et son frère Ludovic Eugène créent une nouvelle société. Au décès de leur père en 1873, les deux frères habitent rue Porte Madeleine aux numéros 40 et 50. Ces deux immeubles sont mis en vente en 1886, après décision de liquider l’affaire l’année précédente. Ludovic se lançant dans l’activité de vidangeur… Pour résumer, le but était de vider les fosses d’aisances, d’en récupérer le contenu et de le transformer en engrais dit poudrette.

Annonce de 1886 dans le Journal du Loiret

Plan réalisé d'après le cadastre de 1823 - Section D

Le n°46 en bleu (aujourd'hui n°44) est la seule maison n'ayant pas été alignée dans rue Porte Madeleine. Les numéros 40, 42 et 44 ont été remplacés par le n°40, c'est à dire la maison dont il est question ici.

En rouge des bâtiments et en vert des jardins.

L’immeuble du n°40 rue Porte Madeleine, celui que nous pouvons voir aujourd’hui, semble avoir été construit vers 1870. Le n°40 est le logement de la famille CHEVALLIER et le n°42 celui du concierge. Le n°40 où logent en 1836 le père, Armand CHEVALLIER, n’ayant absolument rien à voir avec le numéro actuel. Si l’on observe le cadastre de 1823, l’on découvre que cette maison donne accès à un parcellaire beaucoup plus important qu’il n’y parait. L’activé manufacturière perdure au moins jusqu’en 1894, époque à laquelle les bâtiments sont mis en vente, bien que loués jusqu’en 1896. Par la suite, c’est l’école supérieure de garçon qui s’installe à cet endroit, remplacée aujourd’hui par La Maison des Adolescents.

 

Lors de la mise en vente de 1894, les lieux sont ainsi décrits : « [La maison ] élevée sur cave d’un rez-de-chaussée consistant en une allée ouvrant sur la rue Porte-Madeleine et aboutissant à une petite cour pavée, un salon parqueté éclairé sur la rue par deux fenêtres, et à la suite, séparée par un châssis et une porte vitrée, salle à manger, éclairée sur la cour ; escalier dans l’allée ; descente de cave à côté.

Premier étage parqueté, composé d’une chambre à coucher éclairée par une fenêtre sur la rue, cabinet de toilette à la suite éclairé par une petite fenêtre sur la rue, cabinet noir, autre cabinet éclairé par un oeil de boeuf sur le passage de voiture, servant à la fabrique, chambre à feu éclairée au nord sur la cour.

Deuxième étage composée d’une chambre mansardée, avec petite cheminée prusienne, éclairée au nord, grenier, chambre mansardée sans cheminée, éclairée au midi sur la rue, chambre de domestique.

Dans la cour un appentis comprenant bûcher et cabinet d’aisances.

Petite cour pavée dans laquelle se trouve un ancien puits et deux auvents l’un au-dessus de la porte de la salle à manger, l’autre couvert d’ardoises le long d’une partie du mur mitoyen au levant.

A la suite et au nord, plante-bande avec arbustes, cave sous les bâtiments.

Dans la vente n’est pas comprise une pièce servant de cuisine dépendant de la maison Porte-Madeleine n°38 (les ouvertures créées seront à boucher au frais du propriétaire du n°38).

 

2° - Les bâtiments et terrains servant à la fabrique de couvertures (…) ».

Détail d'une carte postale de l'Ecole Primaire Supérieure & Professionnelle

(expédiée en 1906)

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62 - Des sculptures par "MILLION"...

Il y a quelques années encore, on pouvait voir dans la rue du faubourg Saint-Vincent, au n°163, au premier étage d’un immeuble somme toutes assez anodin, ce qui semblait être un atelier d’artiste. Derrière les vitres apparaissaient des bustes oubliés de notables, figés dans le plâtre. A l’époque, je n’avais pas la réponse à mes interrogations, juste une petite lumière de curiosité qui s’allumait à chaque passage près de ce lieu. L’atelier a été vidé, les bustes ont disparu (où ?), les vitres de l’atelier ont cédé la place à des fenêtres classiques, le tout transformé en habitation. Fin...?

 

Derrière cette façade se cachait une partie de l’histoire de Charles MILLION. 

Charles Robert Etienne MILLION est né à Orléans en 1890 d’un père plâtrier, il épouse le 21 février 1914 Marie Ernestine BEAUBRAS, et est alors domicilié au n°18 de la rue des Volontaires, à Paris XVe. Il exerce le métier de sculpteur-ornemaniste. La guerre l’emporte sur les champs de bataille au sein du 131e régiment d’infanterie. 

 

De retour à la vie civile, il devient marbrier, que ce soit pour le funéraire ou les devantures de boutiques, reprenant l’atelier d’Albert DOUCET, lequel avait été apprenti d’un certain M. BAR.

 

En 1921 est inauguré par le ministre des colonies, Albert SARRAUT, le monument aux morts de Beaugency, oeuvre de M. MOREAU-VAUTHIER, en collaboration avec Charles MILLION ; des anciens camarades de tranchée au 131e RI. La même année est inauguré un autre monument aux morts au lycée d’Orléans, qui est l'oeuvre de Charles.

Réclame de 1926

En 1927 il reçoit les Palmes académiques.

 

En 1930 est installé le buste de Charles PEGUY, au rond-point Bourgogne, sculpté par NICLAUSSE et dont Charles avait réalisé le socle. Lors des bombardements de 1940, un éclat d’obus endommageât le buste, lui créant un trou à l’endroit où Charles PEGUY fut mortellement blessé en 1914. C’est du moins ce qui se dit…

Charles MILLION, ami de Charles PEGUY, réalisa le médaillon qui orne la tombe de l’écrivain au cimetière Saint-Marc. Les traits de PEGUY sont repris du tableau de Pierre LAURENS, daté de 1908.

Portrait de Charles PEGUY par Pierre LAURENS, en 1908

Réclame de 1932

En 1933 il est fait officier de l’instruction publique ; année où est inauguré son monument aux morts du 131e RI au quartier Coligny (Cité administrative), année où le musée de peinture et de sculpture d’Orléans se porte acquéreur de son buste d’Eugène TURBAT, présenté au Salon des Artistes Français. 

 

Eugène TURBAT (1865-1944) fut maire d’Orléans de 1929 à 1935, sénateur de 1933 à 1941 et conseiller général. 

 

En 1935 est inauguré le buste en bronze, coulé par la maison Barbedienne, de Fernand RABIER, place Halmagrand ; s’en suit une vive polémique quant au peu de ressemble de l’oeuvre par rapport au modèle. Parti à la fonte en 1942 il sera remplacé en 1951 par celui que nous connaissons. 

 

Fernand RABIER, dont le second prénom est Athos (1855-1933), fut maire d’Orléans, député du Loiret de 1888 à 1919, sénateur du Loiret de 1920 à 1933, conseiller général et président du Conseil général.

Fernand RABIER en 1908 (http://gallica.bnf.fr)

Fernand RABIER en 1931 (http://gallica.bnf.fr)

Cette même année 1935 est inauguré le monument en hommage à Léon CHENAULT, horticulteur, au Parc Pasteur, oeuvre réalisée en collaboration avec M. BAUD.

 

En 1936, c’est au tour du monument en mémoire de Pierre Ier de Serbie d’avoir l’honneur des ciseaux inauguraux.

En 1938, on lui doit aussi un buste de Max JACOB.

Buste de Max JACOB, Musée des Beaux-arts de Quimper

Portrait photographique de Max JACOB

Je n’ai absolument pas la prétention d’avoir retracé l’oeuvre de Charles MILLION, tout au plus ai-je effectué un survol rapide. 

 

Charles MILLION s’est éteint en 1978 à Orléans.

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Inconnue 26

Qui est cette Mademoiselle STAHL (ou STAEL ?) de Cambrai ?

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Des flambeaux orléanais ?

Demain dimanche 29 janvier 2017, il sera mis en vente aux enchères par Me ROUILLAC, à l'Hôtel des Ventes de Vendôme (41),  une " Paire de flambeaux en bronze argenté et ciselé. La base circulaire à contours chantourné, à doucine fleuronnée soutient le fût à pans coupés ornés de coquilles. Binet hexagonal à décor de guirlandes de fleurs Epoque Louis XV. Haut. 24 cm."

Ils sont estimés 400/600 €

Cette paire ressemble à ceux de l'orfèvre orléanais Antoine VI HANAPPIER, vers 1742-1744, exposé au musée des Beaux-Arts d'Orléans 

Tout comme à la paire en bronze mis en vente par le même Me ROUILLAC le 18 janvier 2015.

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61 - Le Café de la Croix-Morin

En prenant la rue des Carmes depuis la place de Gaulle, au débouché de cette rue, vous arrivez à l’embranchement de deux autres rues, à votre gauche celle de la Porte Madeleine, à votre droite celle de la Porte Saint-Jean, entre les deux, formant l’angle, vous trouverez un café.

 

Nous sommes sur la place de la Croix-Morin, laquelle porte ce nom du fait d’une croix autrefois plantée dans le champs d’un sieur Morin. Sauf que… Elle n’était pas située à cet endroit à l’origine, mais à la Porte Dunoise, c’est à dire grosso modo au croisement de la rue de Bourgogne, avec les rues Sainte-Catherine et du Cerceau (source : Emile Lepage : Les rues d’Orléans).

Voilà, vous vous êtes repérés géographiquement, vous avez eu droit à un petit topo historique… Si on se faisait une brève de comptoir ? Enfin une brève…

 

Ce qui est aujourd’hui « Le Bistrot de la Croix-Morin » fut et a toujours été un commerce. A la fin du XVIIème siècle, on y trouve une épicerie ; épicerie qui développe une activité de troquet, et nous voici arrivé au café. 

 

la carte postale, ci-dessous, nous fait découvrir l’endroit au début du XXème siècle. 

On remarque une marquise qui vient prolonger la façade principale. Elle fut installée en 1890 à la demande des cafetiers d’alors, à savoir Louis Théophile POULAIN et Octavie Mathilde GROUSSIER son épouse ; lesquels sont aussi propriétaire des murs. Murs qui seront transmis par succession à leur fille Jeanne Marie Mathilde, épouse de Léonce Paul Ernest BUFQUIN.

 

Revenons à notre carte postale vers 1900… Au dessus de l’enseigne « Café et Buvette », sont placées trois plaque : celle de gauche « Café », cette de droite « Vins » et celle du milieu « Gout ». Un café de bon goût ? Presque…

 

Plus simplement l’endroit est alors tenu par Georges Guillaume GOUT et son épouse. Etrange histoire que celle de cet homme....

Né en 1860 à Paris, ses parents disparaissent juste après sa naissance… C’est du moins ce qui apparait sur l'acte de mariage, puisque ses parents sont notés absent depuis 1860 ! Ces M. et Mme GOUT, sont-ils ceux qui apparaissent sur le cliché ? La question est posée.

 

Aujourd’hui, la fameuse Croix-Morin semble bien mal en point, perchée qu'elle est sur la façade. Une petite restauration s’impose, non ?

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Conférence 10 février 2017

L'accès est libre :-)

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60 - L'épicerie était fine...

La rue de la République… Vous l’empruntez depuis la place du Martroi pour vous perdre dans l'un des temples du consumérisme qu’est le centre commercial Place d’Arc.

 

La rue de la République, c’est cette artère percée à la fin du XIXème siècle, qui avait pour but d’arriver juste dans l’axe de la gare. Et, en cette fin septembre 1901, c’est l’effervescence…

 

« L’évènement du jour, c’est (…) l’exposition de la succursale de l’épicerie Saint-Aignan, tenue par M. Paul LAURENT, dont l’ouverture est annoncée pour demain. Et cet évènement a pris des proportions considérables, à en juger par la foule de curieux qui se presse devant le magnifique étalage de la nouvelle maison

« Très avantageusement située (…), luxueusement installée dans un vaste immeuble qui fait un heureux vis-à-vis à celui de la Société des immeubles du Loiret et dans lequel l’architecte M. [Louis] DUTHOIT, habilement secondé par M. [Edmond] GUILLON, entrepreneur, a su allier les attraits de l’art nouveau aux nécessités du confort intérieur, la maison Laurent consitue, certainement, l’un des plus beaux ornements de notre nouvelle rue.

(…) On y trouvera (…) tout ce que les gourmets et les délicats peuvent désirer de mieux (…).

(…) Demain donc tout Orléans prendra d’assaut la succursale de l’épicerie Saint-Aignan (…). »

 

Comme quoi l’hystérie collective constatée le 24 août dernier, à l’ouverture de la fameuse marque suédoise, n’est que l’arrière-arrière petite-fille de celle de 1901.

Réclame de 1904

L’épicerie Saint-Aignan était initialement située au n°3 du faubourg Bannier. Reprise vers 1890 par Paul LAURENT, natif de Courtenay, elle déménagera vers 1894 au n°131 de la rue Bannier. En 1898, l'enseigne se fait remarquer par la circulation d’une voiture de livraison aux couleurs éclatantes. 

 

En 1901, les deux adresses cohabitent. En juin 1905, un incendie détruit totalement la boutique de la rue Bannier ; dont Paul LAURENT n’était que le locataire. Ne reste alors que l’adresse prestigieuse de la rue de la République. 

Calendrier de 1907

En octobre 1912, Paul LAURENT décède « à la suite d’une crise aigüe d’une maladie qui ne pardonne pas et qui l’a emporté en quelques heures »…

Vous remarquerez que la flèche du dôme a disparu...

La façade rue de la République

Vue depuis la rue Adolphe Crespin

Le dôme et son horloge

L'une des lucarnes à pinacles

Consoles du balcon du second étage : grappe de raisin et feuilles de vigne à gauche, pomme de pin se poursuivant par trois feuilles d'acanthe supportant une forme au nom indéterminé à droite...

Console au motif en épi de maïs du balcon/loggia "mauresque" du troisième étage

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59 - Pianissimo Maestro !

Direction la rue Jeanne d’Arc, au numéro 30, il y a d’abord le père, puis le fils… Mais pas de Saint-Esprit. Petite histoire de la famille MAGNUS…

 

Le père, Charles Adolphe, né en 1833 à Strasbourg, veuf de Wilhelmine Henriette BALDNER, épousa en secondes noces Eugènie Marie Annette BODESCOT, en 1861 à Orléans.

Petit retour en arrière… C’est en 1842 qu’est fondée à Orléans la maison Besville, par Amable BESVILLE, à la fois professeur et marchand de musique. En 1864, il s’associe avec Auguste ELFERS, un facteur-accordeur de piano, originaire du Hanovre. Les deux associés transfèrent leur activité rue Jeanne d’Arc, l’année suivante, pour cause d’agrandissement. En 1873, ELFERS s’associe avec Charles Adolphe MAGNUS, et cette même année, Le Journal du Loiret dresse un portrait du dit Charles Adolphe :

 

« M. MAGNUS, qui vient de s’établir à Orléans comme professeur, a donné hier, dans les anciens salons de pianos de M. BESVILLE, une séance de musique classique (…). Fils d’un professeur de musique de Strasbourg, M. MAGNUS a fait ses études de violoniste au Conservatoire de cette ville, sous la direction de M. SCHWOEDERLé, savant professeur qui avait obtenu à Paris le premier prix du Conservatoire et qui était un des meilleurs élèves de  l’illustre BAILLOT. (…) M. MAGNUS vint à Paris se perfectionner dans son art (…). Ces études faites, il fut premier chef d’orchestre d’opéra pendant cinq ans, enseigna quelques temps à Poitiers et se rendit de là à Besançon où, durant un séjour de douze années, il s’acquit la plus honorable réputation. Il y a tenu les divers emplois de professeur de violon et d’accompagnement au Conservatoire, de premier violon solo à l’orchestre du théâtre, et de chef d’orchestre de la Société symphonique bisontine. »

 

 

Petit Nota : le sieur BAILLOT, dont il est question ici, se prénomme René-Paul (1813-1889), pianiste, compositeur et professeur au Conservatoire de Paris.

Charles Auguste MAGNUS décède en 1874, sa veuve prend la suite tout en restant associée avec ELFERS ; puis ce sera Jean Léopold Raoul (1865-1931), fils du couple MAGNUS-BODESCOT.

Tramway circulant rue Jeanne d'Arc et présentant une publicité pour les pianos Magnus-Focké

En 1887, Jean Léopold Raoul épouse Marguerite Jeanne Anne FOCKÉ. Celle-ci est la soeur d’Ernest FOCKÉ, facteur de piano parisien, lequel avait fondé sa maison en 1860 et fut médaillé d’or à l’Exposition Universelle de 1889. La maison MAGNUS-FOCKÉ proposant à la vente les pianos du fameux Ernest.

 

Voilà, c’était un survol rapide d’une partie de la vie musicale orléanaise sur près d’un siècle.

Il est à regretter que la devanture Art Nouveau n’ait pas survécu aux aléas de la mode. Le temps passe, tout s’efface… ou presque !

Piao Magnus-Focké mis en vente sur Le Bon Coin

Dans un billet précédent, j'avais déjà évoqué cet immeuble à l'angle de la rue Charles Sanglier et de la rue Jeanne d'Arc. Pour le lire, cliquer ici.

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58 - Le décor de La Rotonde

Le 10 février dernier, j’évoquais dans un billet la construction de l’immeuble de La Rotonde (pour le lire cliquer ici). Le propriétaire de l’époque, M. DUFOUR, avait fait appel à un architecte parisien, M. LECLERC, lequel créa « le magnifique, le splendide, le féerique établissement (…). Ses superbes décors, ses magnifiques vitraux émaillés polychromes et ses plafonds ornés de caissons richement composés ». On y admirait particulièrement un panneau en faïence émaillée représentant Jeanne d’Arc gardant son troupeau. 

 

Force est de constater qu’aujourd’hui il ne reste rien de tout cela…

Le Café (vue depuis l'entrée ?) - A droite, au-dessus du piano, le panneau en céramique représentant Jeanne d'Arc gardant son troupeau.

En farfouillant de-ci delà, j’ai croisé la route de Georges MALAIZE. Né à Paris en 1877, il débute comme artiste dramatique sur les scènes parisiennes, en particulier au théâtre de l’Ambigu-Comique. En 1901, il se marie une première fois en… Dordogne ! Il divorce, se remarie en 1908 à Paris, et arrive à Orléans vers 1911/1912. C’est sans doute à cette époque qu’il reprend le café-restaurant de « La Grande Rotonde ». 

 

La devise de notre homme ? « Qui déjeune ici ici n’a malaise » !

 

Je reviens au décor… Le 8 mai 1926, c’est jour de fête à Orléans. Forcément, on défile pour Jeanne d’Arc ! La journée fut fructueuse pour le commerce local, c’est du moins ce que dut penser l’un des plongeurs de La Rotonde, lequel se laisse enfermer dans le lieu pour la nuit. Son espoir ? Voler la recette de la veille ! Pas de chance… La caisse est emportée chaque soir, il ne reste que 150,00 francs. Sans doute un peu frustré, « En partant, il [met] le feu avec une bougie, aux tentures de l’orchestre ». L’incendie se propage et est signalé vers 1h00 du matin. Une fois maîtrisé, on découvre les dégâts : «  le plafond a été brûlé sur une longueur de dix mètres. Les tentures, plusieurs banquettes, le piano Gaveau, les partitions des musiciens ont été détruits ainsi que le magnifique panneau de céramique consacré à Jeanne d’Arc et qui se trouvait dans l’encoignure de l’orchestre . »

 

C’est ainsi que dans la nuit du 8 au 9 mai 1926, la Jeanne d’Arc et son troupeau sont partis en fumée…

 

Notre plongeur écopera de cinq ans de prison. Les dégâts s’élevant à plus de 200,000 francs…

Le Restaurant (vue vers le Martroi) - Au centre probablement Georges MALAIZE, et à droite derrière la caisse, sans doute sa mère Julie Etiennette VERNET (ou VERNEY).

Georges MALAIZE poursuivra son activité. Veuf en 1928, il se remaria l’année suivante à Paris, pour la troisième et dernière fois. Il décède en 1931 et est inhumé à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin dans le caveau familial. Son fils Pierre reprenant l’affaire.

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Orfèvrerie orléanaise...

Aujourd’hui 16 novembre 2016, à 10h30, il sera vendu aux enchères à Gênes (Italie), chez Wannenes Art Auctions, un très joli huilier orléanais de 1773. Estimation ? 300/500 €

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