Connaissez-vous Orléans ? Ses endroits cachés... Sa petite histoire qui parfois croise la grande... Non ? Alors, la visite commence ici...

 

Vous trouverez plusieurs rubriques dans le sommaire :

 

Qui suis-je ?

Mes publications

Pour me contacter

Les billets de 2015

Les billets de 2016

"Who's who" orléanais (ou la galerie des inconnus)

 

Bonne découverte, bonne lecture...

 

Eric Millet, alias Le Vieil Orléans

 

Petit nota important : si vous me laissez un commentaire, suite à la lecture de l'un des billets, il m'est malheureusement impossible de répondre à celui-ci sur ce blog. Si vous souhaitez échanger, je vous invite à passer par la rubrique pour me contacter dans le sommaire. Merci

 



Sites à consulter




Sites amis



58 - Le décor de La Rotonde

Le 10 février dernier, j’évoquais dans un billet la construction de l’immeuble de La Rotonde (pour le lire cliquer ici). Le propriétaire de l’époque, M. DUFOUR, avait fait appel à un architecte parisien, M. LECLERC, lequel créa « le magnifique, le splendide, le féerique établissement (…). Ses superbes décors, ses magnifiques vitraux émaillés polychromes et ses plafonds ornés de caissons richement composés ». On y admirait particulièrement un panneau en faïence émaillée représentant Jeanne d’Arc gardant son troupeau. 

 

Force est de constater qu’aujourd’hui il ne reste rien de tout cela…

Le Café (vue depuis l'entrée ?) - A droite, au-dessus du piano, le panneau en céramique représentant Jeanne d'Arc gardant son troupeau.

En farfouillant de-ci delà, j’ai croisé la route de Georges MALAIZE. Né à Paris en 1877, il débute comme artiste dramatique sur les scènes parisiennes, en particulier au théâtre de l’Ambigu-Comique. En 1901, il se marie une première fois en… Dordogne ! Il divorce, se remarie en 1908 à Paris, et arrive à Orléans vers 1911/1912. C’est sans doute à cette époque qu’il reprend le café-restaurant de « La Grande Rotonde ». 

 

La devise de notre homme ? « Qui déjeune ici ici n’a malaise » !

 

Je reviens au décor… Le 8 mai 1926, c’est jour de fête à Orléans. Forcément, on défile pour Jeanne d’Arc ! La journée fut fructueuse pour le commerce local, c’est du moins ce que dut penser l’un des plongeurs de La Rotonde, lequel se laisse enfermer dans le lieu pour la nuit. Son espoir ? Voler la recette de la veille ! Pas de chance… La caisse est emportée chaque soir, il ne reste que 150,00 francs. Sans doute un peu frustré, « En partant, il [met] le feu avec une bougie, aux tentures de l’orchestre ». L’incendie se propage et est signalé vers 1h00 du matin. Une fois maîtrisé, on découvre les dégâts : «  le plafond a été brûlé sur une longueur de dix mètres. Les tentures, plusieurs banquettes, le piano Gaveau, les partitions des musiciens ont été détruits ainsi que le magnifique panneau de céramique consacré à Jeanne d’Arc et qui se trouvait dans l’encoignure de l’orchestre . »

 

C’est ainsi que dans la nuit du 8 au 9 mai 1926, la Jeanne d’Arc et son troupeau sont partis en fumée…

 

Notre plongeur écopera de cinq ans de prison. Les dégâts s’élevant à plus de 200,000 francs…

Le Restaurant (vue vers le Martroi) - Au centre probablement Georges MALAIZE, et à droite derrière la caisse, sans doute sa mère Julie Etiennette VERNET (ou VERNEY).

Georges MALAIZE poursuivra son activité. Veuf en 1928, il se remaria l’année suivante à Paris, pour la troisième et dernière fois. Il décède en 1931 et est inhumé à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin dans le caveau familial. Son fils Pierre reprenant l’affaire.

2 commentaires

Orfèvrerie orléanaise...

Aujourd’hui 16 novembre 2016, à 10h30, il sera vendu aux enchères à Gênes (Italie), chez Wannenes Art Auctions, un très joli huilier orléanais de 1773. Estimation ? 300/500 €

0 commentaires

57 - Charlemagne et François 1er se promènent...

Feu le Collège de la rue Jeanne d’Arc, qui fut aussi Lycée, et dont on connait la façade sur la rue Jeanne d’Arc, est l’oeuvre d’Etienne Albert DELTON. C'est cet architecte parisien qui sévira lors de la « rénovation » de l’Hôtel Groslot…

Charlemagne et François Ier se promènent...

Choisis en 1845, les plans du Lycée du sieur DELTON sont validés par le ministère de l’instruction publique et le conseil des bâtiments civils en 1847.Pour ce bâtiment,  il tente d’innover en envisageant de remplacer les planchers en bois par des « planchers en fer ». Je ne sais si cette folie innovatrive a été appliquée...

 

En juin 1850, « On vient de placer sur leur soc, à l’entrée de la nouvelle construction du Lycée, les deux statues de Charlemagne et de François Ier, qui doivent orner l’entrée principale. On devrait bien presser l’exécution des travaux restant à faire et enlever le plus tôt possible cette clôture qui obstrue en face du lycée la circulation sur le trottoir de la rue Jeanne d’Arc. »

 

En août 1851, « Une mutilation inexplicable a eu lieu cette nuit dans la rue Jeanne d’Arc. Des malfaiteurs se sont amusés à briser les bras des deux statues de Charlemagne et de François Ier, qui ornent la grande porte de notre Lycée. La police recherche en ce moment les auteurs de ce fait inqualifiable, qui ont sans doute ignoré que le code pénal a des peines applicables pour les dégradations de monuments publics. »

 

Majestueuse l’entrée l’est à n’en pas douter, sauf que…

Sauf qu'en 1857, M. LAFONTAINE expose un rapport par lequel il explique que les statues « servent (…) à des stations contraires à la propreté et aux bonnes moeurs ». Ben v'là autre chose !?...

 

On consulte DELTON qui considère « qu’au point de vue de l’art et de l’architecture il ne lui paraissait pas possible d’enlever les piédestaux qui coupent, suivant les principes de la science architectonique, une façade d’une étendue considérable. Quant aux deux statues, si on ne veut pas les conserver, on pourrait les remplacer par des faisceaux d’attributs relatives aux sciences et aux arts qu’on enseigne au lycée ». En août, la dépose des statues est voté à 15 voix contre 6.

 

A une date qui m’est inconnue, elles sont installées devant la bibliothèque construite d’après les dessins de François Narcisse PAGOT, au début du XIXème siècle.

Au tout début du réaménagement de ce quartier, qui deviendra les Petits Champs-Elysée, la démolition de la bibliothèque est entreprise vers 1912/1914. C’est à ce moment qu’André MAILFERT, le célèbre ébéniste de la rue Notre-Dame-de-Recouvrance, les achète pour 500,00 fr. à l’entrepreneur parisien chargé de la démolition.

 

On pouvait voir ces sculptures dans la cour de la maison dite de François Ier en 1922. MAILFERT affirmait alors qu’elles avaient orné l’entrée du pont Royal, pour être mises au Lycée, et qu’elles étaient contemporaines de la statue de Jeanne d’Arc par GOIS, aujourd’hui au Tourelles. Info ou intox ?

 

Question du jour : que sont devenues ces statues ?…

1 commentaires

Les chiens d'Orléans...

Il ne faut pas prendre les orléanais pour des cruches, qu’on se le dise ! Certes, ils ont la réputation d’avoir un esprit « guépin », ce qui laisse entendre qu’ils sont « légèrement » narquois et mordants dans leurs reparties (vous remarquerez l’euphémisme des guillemets). Vraiment ? A propos de mordant… Ils sont aussi qualifiés de chien… Sale réputation que voilà ! A la vérité il y a deux pistes possibles pour ce qualificatif :

 

1 - Ils ont un caractère de chien (on y revient).

 

2 - Une histoire de fidélité remontant à Jeanne d’Arc (feue l’incontournable Pucelle locale).

 

Je vous laisse choisir…

 

Ce 8 novembre 2016, il sera mis en vente aux enchères, par Mathieu Semont SCP, à Saint-Jean-de-la-Ruelle, un pichet en grès de 24cm de haut estimé 10/20 €. Le modèle zoomorphe porte un collier affichant fièrement « chien d’Orléans ». Le même modèle est actuelle en vente sur un site marchand, bien connu, à un prix nettement plus prohibitif : multiplication par 4 à 5 de rigueur. Il y est signalé comme « broc à absinthe ».

 

 

Fin de la rubrique shopping des ventes pour ce jour.

0 commentaires

56 - L'abbé sentait le souffre...

Caricature du 17 octobre 1869

En 1912, Le Journal du Loiret informait ses lecteurs du décès de Charles Jean Marie LOYSON, « qui fut, un moment une des gloire de la chaire chrétienne et qui bientôt, grisé par des succès oratoires, emporté par le vertige de l’orgueil, tomba aux pires reniements, vient de s’éteindre chez son fils, à Paris, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. (…) Il était tombé dans l’oubli le plus profond - et c’est ce qu’il pouvait lui arriver de mieux ».

 

La messe était dite et il ne fallait pas y revenir… Eh bien si ! On y revient !

Le petit Charles est né à Orléans rue Saint-Euverte au n°24 (alors n°28) le 10 mars 1827, son père était alors inspecteur d’académie faisant fonction de recteur pour l’académie.

Charles  fut ordonné prêtre au bout de quatre années d’études et devint enseignant de philosophie et de théologie. Il exerça le ministère sacerdotal à Saint-Sulpice où « il se convainquit que sa vocation l’appelait à la chaire, passa deux ans de noviciat au couvent des Carmes de Lyon, puis entra dans cet ordre, et débuta en prêchant avec succès ». A l’été 1864 « il vint à Paris, parut à la Madeleine d’abord et enfin, dans l’Avent, à Notre-Dame, où il obtint un grand et rapide succès. »

Sa carrière fulgurante dérapa fortement avec la lettre qu’il adressa le 20 septembre 1869 au R. P. général des Carmes déchaussés à Rome, mais aussi… à la presse !

 

Le père Hyacinthe, c’est alors son nom, exprime haut et fort son désaccord : « Vous exigez que je parle un langage, ou que je garde un silence qui ne serait l’entière et loyale expression de ma conscience », et comme il refuse de modifier le fonds de ses propos, il s'abstient de remonter en chaire à Notre-Dame, s’éloignant de son couvent : « je proteste contre le divorce impie autant qu’insensé qu’on s’efforce d’accomplir entre l’Eglise (…) et la société du dix-neuvième siècle ».

 

On tente la conciliation, l’évêque d’Orléans DUPANLOUP y met son grain de sel, rien n’y fait… Le pape Pie IX trouve alors que la blague a assez duré et n’hésite pas à employer l’excommunication majeure, c’est à dire sans retour possible au sein de l’église. Le trublion est chassé… la paix revient ?

1872, il fait parler de lui en épousant une veuve américaine qu’il a converti au catholicisme. Ils auront un fils… 1878, il fonde la nouvelle église gallicane, qui se veut catholique mais autonome vis-à-vis du pape. L’année suivante il inaugure son église dans… l’ancien Théâtre des Folies-Montholon, rue Rochechouart. 1881, il préconise la séparation de l’église et de l’Etat (loi qui verra le jour en 1905). 1883, nouvelle église rue d’Arras. Il semble faire ensuite moins parler de lui, avant de disparaitre en 1912.

En famille...

C'était le petit résumé du parcours de vie de cet abbé sulfureux natif d'Orléans.

Le buste que l'on peut voir sur sa tombe au Père-Lachaise, avec juste en dessous, pour épitaphe : "Agir comme s'il n'y avait au monde que sa conscience et Dieu"...

 

A méditer !

0 commentaires

Céramiques "G. TRUTTEAU"

Demain, 2 novembre 2016, débute une vente aux enchères à partir de 14h15, chez maîtres Fraisse & Jabot à Tours. Sous les numéros 166 à 171, nous trouvons des céramiques orléanaises du XIXème, et plus particulièrement celles de Charles Georges TRUTTEAU (1842-?), fils d’Etienne TRUTTEAU (v.1809-1875), dont la manufacture était installée quai Saint-Laurent. Manufacture évoquée dans le billet n°33 (à lire ou relire en cliquant ici).

Lot 167 : terrine couverte en faïence. Décor blanc et foncé à décor de cannelures et frise de perles. Petite prise en forme de coquille. Marque en creux "Orléans G. Trutteau". Marque de moule "1". 14 x 22,5cm (éclats et usures d'usages) - Estimation : 60/80 €

Lot 168 : déjeuner couvert en faïence foncée à deux prises, le couvercle avec bouton et trous d'aération. Marque en creux "Orléans G. Trutteau". 23 x 22,5cm. Estimation : 100/150 €

Lot 169 : petitpoêlon en faïence beige craquelée et brune avec oreilles. Marque en creux "Orléans G. Trutteau". Marque de moule "6". Estimation : 30/40 €

0 commentaires

Oh ! La belle affiche que voilà !

Aujourd'hui 28 octobre 2016, est mise en vente aux enchères chez Artprecium à Paris, une affiche de Constant DUVAL (1877-1956), datée de 1925, représentant une vue d'Orléans, pour le "Chemin de fer de Paris à Orléans". Elle est de format 105/75 et estimée de 250 à 500 € (en très bon état malgré des plis). 

 

D'autres affiches du même graphiste, pour la même compagnie, sont mises en vente.

1 commentaires

Tic-tac... Tic-tac...

Aujourd'hui 27 octobre 2016 sera mis en vente aux enchères par Philocal, le contenu d’une maison de Neuville-aux-Bois (45), parmi les lots un « mouvement d'horloge comtoise en laiton estampé figurant la Sainte Famille cadran émaillé à chiffres romains avec trois poids et sa manivelle. H. 39 cm L. 25 cm P. 14 cm », estimé 20/50 €.

 

Il est signé DUFOUR à Orléans…

 

 

Un horloger nommé DUFOUR ? Non… Des horlogers ! une famille d’horlogers !

Tout commence avec le patriarche, Louis DUFOUR, né vers 1762 à Bou (45) et décédé à Orléans en 1837. Il était installé au n°22 rue de l’Ormerie. Le rue de l’Ormerie ? L’ancienne portion de la rue de Bourgogne comprise entre les rues des Pastoureaux et de l’Empereur et les rues Parisie et de la Poterne. Ce n°22 rue de l’Ormerie deviendra le n°246 de la rue de Bourgogne et est occupé aujourd’hui par un fast food. Autrefois le temps s’égrenait, aujourd’hui c’est… Plus rapide !

 

 

Après Louis vient son fils Louis Hippolyte Joseph (1803-1863), puis le petit-fils Louis Hippolyte Adrien (1864-?).

Le 13 octobre 2012, l’étude Binoche-de Maredsous avait mis en vente sous le n°214 une « petite pendule en bronze doré et patiné, le cadran signé de DUFOUR à Orléans surmonté d’un gentilhomme et son chien (manque). Epoque Romantique. H : 33 cm. Son socle et son globe. Etat de marche. 200/300 € ».

0 commentaires

Pas de pot ? Eh bien si !

Aujourd'hui 26 octobre 2016, il sera mis en vente aux enchères par Artcurial à Paris, un « pot à eau balustre sur piédouche, anse à chenille ».

 

«  Poinçonnage au fond extérieur : C couronné / ORLEANS (1691). Première moitié du XVIIIème siècle. Haut.: 18 cm Petite soudure à l'attache basse de l'anse, peu visible. »

 

Il est estimé 180/220 €

0 commentaires

55 - Du sucre à en devenir "gâteau" !

Rue Royale n°76

Si Orléans célèbre ses raffineries de sucre, elle oublie d’y associer ses nombreux pâtissiers et confiseurs. Un sujet qui mériterait une étude approfondie…

 

Je vous embarque rue Royale au n°76. Là, se trouvait au temps jadis une pâtisserie de renom…

Dans les années 1830, c’est un suisse, Jacques MENGOTTI qui régale les papilles ligériennes. Curieusement, les orléanais et les pâtissiers suisses c’est une histoire ancienne qui a perduré dans le temps. A la fin du XVIIIème siècle, au détour d’un acte notarié, il est évoqué une maison appelée Le Pélican où demeuraient les pâtissiers suisses.

 

Au n°76, après Jacques MENGOTTI, on trouvera Pierre Hippolyte BORDERIOU, son successeur direct en 1837. En 1851, le lieu est tenu par Alexis GERAULT. Dix ans plus tard, on y trouve Jules RENARD… Rien à voir avec l'auteur de Poil de Carotte ! Puis ce sera Charles RENARD, le fils. Dans les années 1890, c’est à nouveau un suisse qui officie : Gaspard YANKA. Viendra ensuite Paul LEMERLE et nous arrivons à André ARCHAMBAULT.

Orléans comptait parmi les dix villes les plus importantes de France au XVIIIème siècle. A fouiller le passé de la cité, dite johannique, je découvre l’existence de lieux au décors raffinés, dont… il ne reste rien ! Ainsi avons nous perdu il y a peu Les Musardises rue de la République… Pour ce qui est du n°76 de la rue Royale, je crois pouvoir dire : pas mieux ! Il me semble que les bombes ont fait place nette à cet endroit, pas en 1940, mais en 1944. J’ai le souvenir d’une photographie montrant la partie juste derrière la librairie Loddé, donnant elle sur la rue Jeanne Jeanne d’Arc, laquelle partie était éventrée, mais c’est à confirmer….

Stand de la maison archambault au salon de 1930

En 1927, Le Journal du Loiret évoque la pâtisserie du n°76 de la rue Royale :

 

« La maison Archambault (…) se sont ses friandises, que vous les nommiez pâtisseries, glaces ou confiseries. On sait que depuis longtemps, MM. Archambault, sont passé maîtres en cet art difficile et délicat qui consiste à confectionner, en un tourne-main, ces délicieuses petites pâtes et sucreries qui nous font venir l’eau à la bouche. Il n’est pas un seul gourmet, pas un seul gourmand (…) qui ne connaisse la maison Archambault. (…) Nul n’ignore sa devise : servir bon, rapidement et à des prix modérés . »

 

Pas la peine de saliver, le lieu n’existe plus…

Après le déblaiement des bombardements de 1940

1 commentaires